Zawaj Sounnah innovations mariage

Alliance, robe blanche, youyous… permis pour une cérémonie de mariage ?

Beaucoup de musulmans se marient. Mais soyons honnêtes : combien se demandent vraiment si leur cérémonie est conforme à l’Islam ? Lors d’un mariage, on reproduit souvent ce qu’on a vu ailleurs, ce que la famille attend, ce que la culture impose… sans forcément se poser de questions. L’alliance, la robe blanche, les youyous, le duff, la pose du henné… Tout cela paraît normal, presque incontournable. Et pourtant, ce n’est pas parce qu’une pratique est répandue qu’elle est forcément légiférée. Allah ﷻ nous a prévenus : « Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur Terre, ils t’égareront du sentier d’Allah. » (Sourate Al-An‘am, verset 116).

Le (vrai) mariage musulman n’est pas un spectacle, mais un acte d’adoration et une source de bénédiction pour les couples. Mais alors comment distinguer les pratiques légiférées de celles qui relèvent de pures innovations ? Dans cet article, Zawaj Sounnah te propose de faire le tri, en décryptant les pratiques les plus courantes lors d’une cérémonie de mariage. Notre objectif ? Te permettre de célébrer le jour le plus important de ta vie de la plus belle des façons. 

La bague de fiançailles et l’alliance

La bague de fiançailles et l’alliance

La bague est aujourd’hui perçue comme un symbole incontournable de l’engagement. Certains vont jusqu’à penser qu’un mariage sans alliance est incomplet. Pourtant, cette pratique n’a aucun fondement dans la législation islamique. Le Comité Permanent pour la Recherche Scientifique et l’Ifta (Al-Lajna Ad-Da’ima) a été interrogé explicitement à ce sujet : 

« Ce que tu as mentionné concernant le port d’une bague ou d’une alliance de fiançailles ou de mariage n’a aucun fondement en Islam. C’est plutôt une innovation à travers laquelle des ignorants parmi les musulmans ont imité les mécréants dans leurs coutumes, et ceci est interdit en raison de la ressemblance aux mécréants contre laquelle le Prophète ﷺ a mis en garde. » (Fatwa n°4127 – Fatawa Al-Lajna Ad-Da’ima, vol.19, p.146–147)

Cérémonie de mariage Zawaj Sounnah

Concernant le hadith souvent utilisé comme argument : « Recherche, ne serait-ce qu’une bague en fer » (Rapporté par Al-Bukhari (n°5121) et Muslim (n°1425)), les savants expliquent clairement qu’il ne s’agit absolument pas d’une alliance de mariage, mais d’un objet servant de dot (mahr) demandé à un compagnon qui ne possédait rien d’autre.

Cheikh Muhammad Ibn Salih Al-‘Uthaymin رحمه الله précisait :

« Le minimum que l’on puisse dire concernant l’alliance est qu’elle n’est pas recommandée, car cette coutume vient des non-musulmans. Et le musulman ne doit pas s’abaisser au point de les imiter dans ce genre de choses. » (Kitab ad-Da‘wa, vol.2, p.87)

Il ajoute que croire que l’alliance renforce l’amour ou protège le couple est une croyance fausse, sans effet réel, et dangereuse pour la foi. En Islam, le lien conjugal repose sur la piété, la responsabilité et la crainte d’Allah, pas sur un symbole importé.

La robe blanche

La robe blanche

La question de la robe blanche est plus nuancée. Ce n’est pas la couleur en elle-même qui pose problème, mais la ressemblance et la signification. Cheikh Muhammad Ibn Salih Al-‘Uthaymin رحمه الله expliquait :

« Porter des vêtements blancs pour la femme, tant que ceux-ci n’ont pas été cousus de la façon dont sont cousus les vêtements d’hommes, n’est pas un mal en soi. À condition qu’elle ne sorte pas avec aux marchés car le fait qu’elle sorte avec aux marchés est considéré comme une exhibition avec embellissement. »

Zawaj Sounnah mariage

« Et pour ce qui est du fait de porter cela lors du mariage, il n’y a également pas de mal en soi tant que cela ne renferme pas une ressemblance aux chrétiens ou à d’autres qu’eux parmi les mécréants. En effet, si cela renferme une ressemblance, ça ne sera pas permis. Et la ressemblance pourrait ne pas avoir lieu dans le cas où l’on changerait sa coupe. 

Si sa coupe est transformée de sorte à ce qu’il ne ressemble plus aux vêtements des chrétiens alors, par ce biais, la ressemblance disparaîtra. De plus, les gens de science ont stipulé que lorsque le vêtement se répand tant chez les Musulmans que chez les mécréants alors, à ce moment, la ressemblance entre eux disparaîtra. Effectivement, si la personne venait à s’en vêtir, elle n’aurait pas porté un vêtement spécifique aux non-Musulmans. »

(Fatawa Nur ‘ala ad-Darb, vol.22, p.2). 

Les youyous (zaghrata)

Les youyous (zaghrata)

Les youyous sont souvent perçus comme une simple expression de joie. Pourtant, cette pratique est clairement réprouvée par les savants, surtout lorsqu’elle a lieu en présence d’hommes. Cheikh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan حفظه الله dit :

« Il n’est pas permis aux femmes de lever leurs voix en présence d’hommes ni de la manière du « zaghrata » ou n’importe quoi d’autre car en effet la voix de la femme est une fitna (épreuve). Additionnellement, le « zaghrata » n’est pas connu chez aucun des musulmans du passé ou du présent. Ainsi, cela est une mauvaise coutume qui devrait être délaissée, puisque cela est aussi une indication (d’une femme) ayant peu de honte. » (Al-Muntaqa min Fatawa, vol.3, p.301)

Zawaj Sounnah cérémonie

Cheikh Salih Al-Louhaydan رحمه الله disait également : « Cette pratique n’était pas connue auparavant, et je n’y vois aucun bien. » (Charh Kitab at-Tawhid, assise n°13). Cheikh Ibn ‘Uthaymin رحمه الله tranchait sans ambiguïté : « Les youyous sont des sons de divertissement et de futilité, qu’ils soient faits lors d’un mariage ou autre, et ils sont réprouvés dans tous les cas. » (Nur ‘ala ad-Darb, cassette n°340)

La joie est légiférée en Islam, mais les cris, sons provocateurs et élévation de la voix féminine ne font pas partie de la Sounnah.

Le duff

Le duff

Le duff est l’un des rares instruments permis lors d’une cérémonie de mariage. Son rôle ? Simplement annoncer la bonne nouvelle et célébrer la joie du mariage. Cheikh Salih Al-Fawzan explique : 

« Ce n’est pas une bonne profession. Battre le duff à l’occasion du mariage, c’est la Sounnah ; dans le but d’annoncer le mariage. Ainsi, il n’est pas convenable pour elle qu’elle en fasse une source de revenus. Le but de pratiquer une Sounnah est la récompense ; le but n’est pas la vie d’ici-bas. »

Autrement dit, le duff est autorisé à condition que ce soit pour la Sounnah et la célébration, et non pour gagner de l’argent ou pour impressionner. Cheikh Ibn ‘Uthaymin رحمه الله précisait également : le duff doit être limité à la nuit des noces. Toute prolongation ou ajout d’autres instruments reste interdit.

Les chants de salutation du Prophète ﷺ

Les chants de salutation du Prophète ﷺ

Certaines traditions populaires, comme chanter « Sla wa slam ‘ala Rasoul Allah… » lors des fêtes de mariage, sont des innovations. Cheikh Mohamed Tchalabi Al-Djazairy est clair : 

« C’est une bid’a (innovation) et ce n’est pas permis. Lors d’un mariage, il n’a pas été rapporté que l’on devait dire ces paroles, et quiconque autorise cela doit en ramener la preuve. »

En résumé : ces chants ne font pas partie de la Sounnah et ne doivent pas être ajoutés à la cérémonie.

Zawaj Sounnah prière sur le Prophète ﷺ

Le henné

Le henné

La tradition du henné est très répandue chez les femmes lors des mariages. Mais attention, tout n’est pas permis. Pour l’homme, le henné est clairement interdit. Comme l’explique Cheikh Ibn ‘Uthaymin رحمه الله :

« Il est formellement interdit à l’homme de s’enduire du henné que ce soit lors des cérémonies de mariage ou bien lors d’autres circonstances pour la simple raison qu’une telle pratique est spécifique aux femmes. En le faisant, cet homme serait inclus parmi ceux qui imitent les femmes alors que cela fait partie des grands péchés.

Et l’inverse est vrai, car le Prophète a maudit les femmes qui imitent les hommes et les hommes qui imitent les femmes. D’autant plus que mettre du « henné' » placerait l’homme dans une situation psychologique inconfortable, de même que ceux qui le regardent. Le moins que l’on puisse dire ici est qu’il s’agit d’une situation similaire à celle que ressent généralement la femme devant la présence d’un homme et vice versa avec tout ce que cela susciterait comme tentations aux conséquences fâcheuses.

En guise de conclusion, je dirai qu’il est interdit à l’homme de s’enduire du « henné » que ce soit pour le mariage ou pour d’autres circonstances. Bien plus, une telle pratique relève des péchés capitaux vu ce qu’elle comporte comme imitation des femmes. »

(Nur ‘ala ad-Darb, 416-415/11)

Zawaj Sounnah cérémonie de mariage

Pour la femme, le henné en soi n’est pas interdit. En revanche, il devient problématique, et même interdit, lorsqu’il est associé à des croyances fausses ou superstitieuses, comme : « Si je ne mets pas de henné, je n’aurai pas d’enfants » ou lorsqu’il est mélangé à des pratiques magiques, des œufs, ou des rituels censés repousser le mal.

Ce type de croyance n’a aucun fondement et nuit directement à la Sounnah. Une bonne intention ne suffit pas à rendre licite une pratique mêlée à des croyances interdites.

Le défilé de robes (At-Tassdira)

Le défilé de robes (At-Tassdira)

Le Tassdira consiste pour la mariée à défiler dans plusieurs tenues le jour de son mariage. Cette pratique est aujourd’hui très répandue et souvent présentée comme une simple tradition ou un moment d’embellissement. Pourtant, lorsqu’on s’y penche de plus près, elle pose plusieurs problèmes sérieux. Cheikh Abou Abdil-Mou‘iz Mouhammad ‘Ali Farkouss حفظه الله explique :

« Tout d’abord, il y a dans « At-Tassdira » du gaspillage dans les robes que la mariée met le jour de son mariage. Et elle dépense beaucoup d’argent alors qu’elle ne s’en servira plus après, et c’est une cause menant à la vantardise et fierté. »

Zawaj Sounnah cérémonie de mariage

Ces tenues sont souvent coûteuses, portées une seule fois, puis rangées ou revendues. Cette logique va à l’encontre de la modération prônée en Islam. Le Cheikh ajoute également : « De plus, la mariée dévoile sa ‘awra devant celles qui l’aident à changer ses vêtements. » Ce point est loin d’être anodin. Le changement répété de tenues entraîne souvent une exposition de la ‘awra devant des personnes qui ne devraient pas y avoir accès, ce qui est en soi un manquement clair aux règles de pudeur.

Lorsque le gaspillage, la dilapidation, l’ostentation et l’atteinte à la pudeur sont réunis, le jugement devient évident : « Si tout cela est inclus, le gaspillage et la dilapidation, alors il n’y a pas de doute que cela n’est pas permis car Allah ta’ala nous a interdit le gaspillage. “Car les gaspilleurs sont les frères des diables; et le diable est très ingrat envers son Seigneur.” » (Sourate Al-Isra’, verset 27)

Si une coutume conduit à rendre licite ce qui est illicite, ou à banaliser des interdits, alors elle n’a aucune valeur en Islam, même si elle est répandue ou acceptée socialement. Le mariage musulman n’est pas un défilé ni une vitrine. S’embellir est permis, mais sans gaspillage, sans ostentation et sans transgresser les limites fixées par Allah.

Le drap blanc ou pièce d’étoffe

Le drap blanc ou pièce d’étoffe

Dans certaines cultures, une coutume persiste : placer un drap blanc ou une « pièce d’étoffe » dans la chambre des époux, puis l’exhiber après la nuit de noces comme preuve de la consommation du mariage et, surtout, de la virginité de la femme. Les savants ont été très clairs sur cette coutume. Le Comité permanent de l’Ifta (اللجنة الدائمة) a statué que :

« Tout cela est interdit, nul et infondé dans l’Islam. C’est une croyance vaine et une mauvaise coutume, contraire à la pudeur, à la décence et à la dignité. »

L’Islam n’a jamais conditionné la validité d’un mariage à l’apparition de sang, ni exigé que la consommation ait lieu dès la première nuit. Le Comité rappelle d’ailleurs :

« Il n’est pas obligatoire que le mari ait des rapports avec sa femme la première nuit du mariage. Cela peut être retardé pour divers empêchements, sans qu’aucune procédure ne soit nécessaire. »

Drap blanc Zawaj Sounnah

Cette pratique entraîne plusieurs maux graves :

  • atteinte directe à la pudeur des époux,
  • pression psychologique et humiliation,
  • diffusion d’informations intimes,
  • et parfois l’association à des croyances liées à la sorcellerie, au “blocage” ou aux amulettes autant de pratiques strictement interdites.

Les savants précisent que si un empêchement réel existe, il doit être traité uniquement par des moyens légiférés, comme la roqya et les remèdes licites, et non par des rituels ou des charlatans. En Islam, ce qui est prescrit lors du mariage est simple et clair :
annoncer le mariage, le témoigner, offrir un repas, et préserver l’honneur et l’intimité des époux, pas exposer leur vie privée au regard des autres.

Le cortège de mariage et la décoration des voitures

Le cortège de mariage et la décoration des voitures

Cheikh Abou ‘Abdil-Mu‘izz Mouhammad ‘Ali Farkouss حفظه الله a été interrogé sur la décoration des voitures et l’organisation du cortège le jour du mariage. Il explique tout d’abord que le fait d’embellir la voiture pour la distinguer des autres ne pose aucun problème en soi :

« Il n’y a pas d’interdiction à décorer la voiture avec des morceaux de tissu afin de la reconnaître le jour du mariage. »

Le Cheikh compare cette pratique à ce qui existait autrefois :

« Cela est semblable au palanquin qui était spécifique aux femmes mariées, posé sur le chameau qui la portait, et qui était décoré d’étoffes pour manifester la joie et le bonheur. »

Cette forme d’embellissement reste donc permise tant qu’elle exprime simplement la réjouissance et ne dépasse pas les limites.

En revanche, la décoration des voitures avec des fleurs est clairement déconseillée par le Cheikh, car elle relève de coutumes propres à d’autres religions :

« Mettre des fleurs sur les voitures fait partie des traditions d’autres que nous. Cela est connu chez les chrétiens après la célébration de leur mariage à l’église. » Concernant le cortège de mariage, Cheikh Farkouss précise qu’il est permis s’il a pour but d’annoncer le mariage, et s’il se fait avec le consentement des époux :

« S’il est destiné à informer les gens du mariage, alors il n’y a pas de mal. Cependant, cette permission est conditionnée au respect de plusieurs règles essentielles :

  • aucune apparition de femmes non voilées aux fenêtres des voitures,
  • absence d’instruments de musique interdits,
  • pas de klaxons excessifs qui dérangent les gens, notamment aux heures de repos.

Ainsi, selon Cheikh Farkouss, le cortège et la décoration sont permis dans un cadre précis : sans imitation religieuse, sans nuisance, et dans le respect des règles de pudeur.

Zawaj Sounnah : commencer son mariage sur des bases saines

Zawaj Sounnah : commencer son mariage sur des bases saines

Si beaucoup de dérives apparaissent le jour du mariage, c’est souvent parce que tout a commencé bien avant… sans cadre clair. Fréquentations prolongées, échanges sans règles, attachements émotionnels excessifs : autant de choses qui fragilisent le couple avant même le mariage. Chez Zawaj Sounnah, notre objectif est simple : permettre aux frères et aux sœurs de se rencontrer en vue du mariage, sans mixité, sans ambiguïté, et dans le respect des limites posées par l’Islam.

La plateforme met en place un cadre qui évite les dérives courantes :

  • pas de discussions libres ou inutiles,
  • pas de relations floues qui s’éternisent,
  • pas d’exposition inutile ni de paroles déplacées.

Tout est pensé pour aller à l’essentiel : le mariage, avec sérieux, pudeur et transparence. Car un mariage conforme à la Sounnah ne commence pas le jour de la cérémonie… il commence au moment du choix, de l’intention et de la démarche.

Zawaj Sounnah est là pour t’accompagner, dès le départ.

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