« Nos regards se sont croisés et soudain, c’était comme une évidence… » Tu connais sûrement ce sentiment : le cœur qui s’emballe, une attirance irrésistible qui surgit sans prévenir. Le monde autour semble s’effacer et, l’espace d’un instant, tout paraît limpide. Aujourd’hui, beaucoup encouragent à suivre ce coup de foudre, comme si un simple frisson pouvait garantir de trouver « la bonne personne ».
Mais combien de fois ce même frisson a-t-il fait perdre toute lucidité, conduit à des choix précipités et à des situations difficiles ?
Beaucoup de musulmans, surtout parmi les jeunes, vivent ce dilemme. Ils veulent bien faire, rester dans le droit chemin… mais leur cœur les pousse ailleurs. La peur de « rater leur chance » ou de passer à côté de quelqu’un de spécial les fait parfois oublier la sagesse, la patience et les limites qu’Allah a posées pour les protéger.
Pourtant, Allah connaît ton cœur mieux que toi-même. Il connaît ces élans soudains, ces faiblesses et ces émotions imprévisibles qui t’habitent. L’Islam ne nie pas ces ressentis ; il les reconnaît, les encadre et t’enseigne comment avancer avec clairvoyance. Dans cet article, l’équipe Zawaj Sounnah propose d’explorer le coup de foudre tel qu’il est réellement, loin des récits romancés. Nous verrons ce qu’il représente en Islam, ce qu’il n’est pas, et surtout comment l’accueillir avec sagesse : accepter nos émotions sans les laisser troubler notre équilibre, notre foi ou notre dignité.
Le coup de foudre : amour véritable ou simple attirance ?
Le coup de foudre : amour véritable ou simple attirance ?
L’imam Ibn Hazm رحمه الله, dans son célèbre ouvrage Tawq al-Hamamah, exprimait une profonde réserve face à l’idée d’aimer au premier regard. Il disait, en substance, qu’il s’étonnait de ceux qui prétendent tomber amoureux dès la première vision, et qu’il voyait souvent dans cet « amour » une simple inclinaison charnelle. Et cette remarque est d’une grande justesse.
L’amour véritable ne se limite pas à une apparence, un sourire ou une émotion soudaine. Il se construit dans le temps, à travers la connaissance, la proximité et la responsabilité. Le coup de foudre, lui, repose presque toujours sur le regard, et le regard, lorsqu’il n’est pas maîtrisé, peut être l’une des portes les plus dangereuses pour le cœur. Cela ne veut pas dire que l’émotion ressentie est fausse. Elle est bien réelle. Mais elle n’est pas encore de l’amour au sens noble et légiféré du terme, celui que l’Islam valorise et protège.
Tomber amoureux sans l’avoir voulu : est-ce un péché ?
Tomber amoureux sans l’avoir voulu : est-ce un péché ?
L’Islam est une religion juste et pleine de miséricorde. Elle ne te tient pas responsable de ce que tu ne peux pas contrôler. Comme l’explique Jami’ Ibn Murkhiyah, lorsqu’il demanda à Sa’id Ibn Al-Musayyib, le mufti de Médine : « Est-ce péché que d’éprouver un amour qui m’a assailli sans que je puisse le repousser ? » Il répondit simplement :
« Tu n’es blâmé que pour ce que tu contrôles. Par Allah, personne ne m’a jamais interrogé sur cela, et si quelqu’un l’avait fait, je n’aurais répondu que cela. » (La chaîne de transmission n’est pas authentique, voir Rawdah Al-Muhibbin – 227/247).
Autrement dit : tomber amoureux malgré soi n’est pas un péché. Ton cœur peut s’emballer après un regard, une rencontre imprévue ou une parole qui touche, et tu n’en es pas responsable. Mais ce qui compte vraiment, c’est ce que tu fais de ce sentiment.
Les trois types d’attachements du cœur
Ibn Qayyim Al Jawziya رحمه الله nous explique dans Péchés et Guérison (pages 326 et 327) qu’il existe trois types d’amour :
- L’amour bénéfique, comme celui d’un homme pour son épouse ou une femme pour son mari. Cet amour élève le cœur, construit des relations saines et suit les règles d’Allah سبحانه و تعالى.
- L’amour nocif, qui écarte de la miséricorde d’Allah et conduit à des actes interdits. C’est un amour qui aveugle et fait perdre la raison, comme l’exemple du peuple de Lut. Allah سبحانه و تعالى dit à leur sujet : « Par ta vie (Ô Muhammad) ! Ils s’aveuglent dans leur ivresse » (Sourate Al-Hijr, v.72). Le remède à ce type d’amour est de se tourner vers Allah, de Lui demander de guider ton cœur, de méditer sur les dangers de cet attachement et de se détourner de ce qui mène à la désobéissance.
- L’amour involontaire mais permis, comme la curiosité ou l’attirance que l’on peut ressentir en voyant quelqu’un de beau ou en entendant parler d’une personne. Ce sentiment apparaît naturellement, sans désobéissance, et n’est pas punissable.
Quand le coup de foudre devient une épreuve pour la foi
Quand le coup de foudre devient une épreuve pour la foi
Aujourd’hui, nous vivons dans une époque où l’amour est constamment romancé. Les clips musicaux, les romans, les séries, les émissions… tous présentent le coup de foudre comme le signe absolu d’un amour vrai et parfait. Ils te font croire qu’un frisson au premier regard est la preuve que tu as trouvé « la bonne personne », et que retenir tes sentiments serait une entrave à ton bonheur. Mais la réalité est bien différente.
Tôt ou tard, la tempête émotionnelle retombe. La folie du coup de foudre laisse place à une montagne de regrets. On réalise qu’on n’était plus vraiment soi-même, que nos choix n’étaient plus guidés par la sagesse ni par la foi, et que ce qui paraissait évident dans l’instant pouvait nous mener à des situations destructrices. Manquer de respect à ses parents, céder à la fornication, avoir des enfants hors mariage… la passion aveugle fait souvent oublier la prudence, la foi et la raison.
Aimer sans se perdre : la mise en garde des savants
Les savants, et notamment Ibn Al-Qayyim رحمه الله, nous mettent en garde : un amour non maîtrisé peut devenir destructeur. Quand ton attachement porte sur une personne avec laquelle tout lien est interdit, dévoiler tes sentiments ou chercher à les assouvir coûte que coûte ne concerne pas seulement toi. C’est une injustice : envers toi-même, envers l’autre, envers sa famille, et parfois même envers des foyers entiers. Afficher ton amour, le chanter ou le partager hors des cadres licites entraîne souvent :
- des soupçons,
- des calomnies,
- des atteintes à l’honneur,
- et parfois, la destruction de mariages existants.
Cette réalité n’est pas une leçon théorique : elle s’observe chaque jour autour de nous. Même un sentiment fort, intense, qui semble « incontrôlable », ne justifie pas de franchir les limites qu’Allah a posées pour protéger nos cœurs et notre dignité. C’est pour cela que les savants insistent sur une règle essentielle : ce qui ne peut être vécu dans le halal doit être repoussé ou au moins gardé discret, jamais exhibé.
En d’autres termes : l’amour n’excuse pas tout, et la force d’un sentiment ne le rend pas automatiquement juste ou bénéfique. Au contraire, c’est dans la maîtrise, la patience et le respect des limites qu’on transforme ce que l’on ressent en une épreuve porteuse de sagesse et non en une source de chaos.
La voie saine : repousser, patienter… ou se marier
La voie saine : repousser, patienter… ou se marier
Face à un attachement soudain, l’Islam ne laisse jamais le croyant livré à lui-même. Il ne lui dit ni de nier ce qu’il ressent, ni de suivre aveuglément son cœur. Au contraire, il lui offre une voie équilibrée, réaliste, qui protège à la fois le cœur, la foi et la dignité. Le Prophète صلى الله عليه وسلم disait ainsi : « Allah a pardonné à ma communauté ce qu’elle se dit intérieurement, tant qu’elle ne le met pas en pratique ni ne le prononce. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim)
Les savants expliquent que lorsqu’un amour naît sans avoir été recherché, trois chemins sont possibles. Chacun dépend de la situation, des capacités et du degré de danger que représente cet attachement.
Repousser le sentiment
Si la personne est déjà mariée, clairement interdite, ou inaccessible d’un point de vue religieux, alors nourrir cet amour ne peut mener qu’à la souffrance et à la désobéissance. Repousser ne signifie pas nier l’émotion, mais refuser de l’alimenter : détourner son regard, couper les causes de l’attachement, occuper son cœur par ce qui est plus élevé. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a été très clair sur l’importance du regard, première porte vers l’attachement :
« Ô ‘Ali, ne fais pas suivre le regard par un autre regard. Le premier t’est pardonné, le second ne l’est pas. » (Rapporté par Abu Dawud et at-Tirmidhi)
Ibn Al-Qayyim رحمه الله expliquait également que l’amour grandit par ce qu’on lui donne : pensées répétées, regards insistants, souvenirs entretenus. L’arrêter tôt, c’est se préserver avant que le cœur ne s’enchaîne.
La patience et la chasteté
Il arrive que l’attachement existe, mais qu’aucun péché n’ait encore été commis. Dans ce cas, le croyant est appelé à patienter, à dissimuler ce qu’il ressent et à ne pas transformer cette épreuve en faute. Cette patience est lourde, parfois douloureuse, mais elle est immensément récompensée. Le Prophète صلى الله عليه وسلم disait dans ce sens : « Celui qui s’efforce de rester chaste, Allah l’aidera à l’être. » (Rapporté par Al-Bukhari)
Les savants rappellent que celui qui retient son âme par crainte d’Allah, qui lutte contre ses passions et choisit l’obéissance malgré le trouble du cœur, est compté parmi les véridiques. Cet amour devient alors une épreuve purificatrice, non une chute.
Se diriger vers le mariage
Si l’attachement concerne une personne pieuse, libre de tout empêchement, et que les capacités matérielles et morales existent, alors l’Islam encourage clairement cette issue. Le mariage n’est pas présenté comme un frein à l’amour, mais comme son cadre légitime, protecteur et apaisant. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a résumé cette sagesse avec des paroles limpides :
« Ô jeunes gens ! Que celui d’entre vous qui en a la capacité se marie, car cela est plus à même de baisser le regard et de préserver la chasteté. Et que celui qui n’en a pas la capacité jeûne, car le jeûne est une protection. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim)
Il a également insisté sur la maîtrise du regard et l’éloignement des causes de tentation, car le cœur est influencé par ce qu’il voit avant même ce qu’il comprend.
Zawaj Sounnah : quand le cœur est guidé, pas abandonné
Zawaj Sounnah : quand le cœur est guidé, pas abandonné
Aimer n’est pas un péché. Mais aimer sans cadre peut devenir une épreuve. Le coup de foudre, lorsqu’il repose uniquement sur l’émotion et l’apparence, mène souvent à des attachements rapides, intenses… puis douloureux. À l’inverse, un amour construit dans la clarté, la pudeur et la piété apaise le cœur et rassure l’âme.
En réalité, l’amour qui plaît à Allah n’est pas celui qui aveugle, qui pousse à franchir les limites et à perdre sa dignité. C’est un amour maîtrisé, contenu, orienté vers le bien. Un amour qui rapproche du halal, renforce la foi et apprend au croyant à se connaître, à se dominer et à placer Allah au-dessus de ses élans. Car en Islam, le cœur n’est pas appelé à être étouffé… mais à être guidé.
C’est précisément cette vision qui anime notre projet Zawaj Sounnah. Ici, pas de relations floues, pas de mises en scène sentimentales, pas de discussions inutiles qui troublent le cœur. L’intention est claire dès le départ : avancer vers le mariage selon la Sounnah, avec sérieux, pudeur et responsabilité. Si tu veux aimer sans te perdre. Si tu veux préserver ton cœur tout en avançant avec sincérité. Si tu recherches un mariage fondé sur la foi, le respect et la crainte d’Allah… Zawaj Sounnah est là pour t’accompagner.



