« Il s’est marié avec moi pour les papiers… », « Elle m’a quitté une fois arrivée en France… » Ces phrases, nous les avons tous déjà entendues. Un frère ou une sœur fait le choix de se marier au bled, convaincu d’avoir trouvé la bonne personne. Le mariage est célébré, les démarches administratives commencent, les projets se dessinent… puis, une fois les papiers obtenus, tout bascule.
Celui ou celle qui pensait avoir construit un foyer réalise parfois qu’il n’était qu’un moyen d’obtenir un titre de séjour ou une nationalité. La désillusion est terrible. Mais au-delà de la douleur et du sentiment d’avoir été trompé, une question se pose : ce type de mariage est-il réellement autorisé en Islam ?
Dans les lignes de cet article, l’équipe Zawaj Sounnah vous propose de faire le point sur le mariage blanc en Islam : se marier uniquement pour obtenir des papiers, prendre en compte la nationalité dans le choix de son époux(se) ou encore se marier avec l’intention de divorcer. À travers les paroles des savants, nous tenterons de mieux comprendre les différents cas de figure et les jugements qui s’y rapportent.
Mariage fictif, intention de divorcer : que disent les savants ?
Mariage fictif, intention de divorcer : que disent les savants ?
Obtenir un titre de séjour, une nationalité, pouvoir s’installer dans un autre pays… Les raisons qui peuvent pousser une personne à envisager un mariage pour les papiers sont nombreuses. Mais aussi important soit l’objectif recherché, peut-on réellement utiliser le mariage comme un moyen de l’atteindre ?
Les savants ont été interrogés sur des situations très concrètes. Et pour bien comprendre leurs réponses, il faut distinguer le mariage fictif, conclu uniquement pour obtenir des papiers, du véritable mariage dans lequel l’un des époux nourrit secrètement l’intention de divorcer par la suite.
Se marier uniquement pour obtenir la nationalité
Cheikh ‘Abdel-‘Aziz Ar-Rajihi حفظه الله a justement été interrogé au sujet d’un homme qui souhaitait épouser une Américaine uniquement pour obtenir la nationalité. Il ne devait jamais vivre avec elle et cette dernière devait recevoir de l’argent en échange du mariage. Sa réponse est très claire :
« Le mariage en question est nul, invalide. Car c’est un mariage qui n’est pas réel, c’est donc un mariage batil ! »
Dans cette situation, il n’existe donc pas de véritable projet de vie conjugale. Le mariage est organisé dans un seul but : obtenir une nationalité. Le Cheikh précise également qu’il n’est pas permis de recevoir de l’argent en échange d’un tel arrangement.
👉🏻 Lire la fatwa de Cheikh ‘Abdel-‘Aziz Ar-Rajihi
Autrement dit, on ne parle pas ici d’un couple qui souhaite réellement se marier et qui bénéficie ensuite des démarches administratives liées à son union. Les papiers sont la raison même pour laquelle le mariage est contracté. Mais une autre situation peut se présenter : celle d’une personne qui se marie réellement, sans fixer de durée à son mariage, tout en ayant intérieurement l’intention de divorcer plus tard. Et sur ce point, les savants ont divergé.
Se marier avec l’intention de divorcer
Contrairement au mariage fictif évoqué précédemment, il s’agit ici d’un véritable mariage : aucune date de séparation n’est prévue dans le contrat et l’épouse ainsi que son tuteur peuvent même ignorer que l’homme envisage déjà de divorcer. Sur cette question, les avis des savants diffèrent.
- Cheikh Ibn Baz رحمه الله rapporte que la majorité des savants ont permis ce mariage lorsque l’intention de divorcer reste secrète et qu’aucune durée n’est convenue avec l’épouse ou son tuteur. Il précise toutefois qu’il est préférable de délaisser cette intention, notamment afin de sortir de la divergence entre les savants.
- La Commission Permanente de l’Ifta adopte un avis plus strict : elle considère le mariage avec intention de divorcer comme un mariage temporaire et le juge invalide.
- Cheikh Ibn Outheymin رحمه الله, quant à lui, distingue la validité du mariage de la manière d’agir. Lorsque l’intention de divorcer n’est pas inscrite comme une condition dans le contrat, il considère le mariage valide, mais juge cette pratique interdite en raison de la tromperie envers l’épouse et sa famille. Il pose d’ailleurs une question particulièrement parlante : si cette femme savait que l’homme l’épouse en ayant déjà prévu de la quitter, accepterait-elle de se marier avec lui ?
La nationalité : un critère permis dans certaines situations
La nationalité : un critère permis dans certaines situations
Prendre en compte la nationalité d’un(e) prétendant(e) ne signifie pas forcément vouloir se marier uniquement pour obtenir des papiers. Dans certaines situations, ce critère peut s’inscrire dans un véritable projet de mariage, notamment lorsqu’une personne souhaite accomplir la hijra et s’installer dans un pays musulman.
Cheikh Lazhar Siniqra رحمه الله a justement été interrogé à ce sujet. Des frères conseillaient à des musulmans convertis de rechercher, de préférence, une sœur possédant la nationalité d’un pays musulman afin de faciliter leur hijra. Le Cheikh a considéré ce conseil comme correct dès lors qu’il permet de réaliser un intérêt légiféré, tout en précisant qu’il ne s’agit ni d’une obligation ni d’une condition au mariage.
👉🏻 Consulter la fatwa complète de Cheikh Lazhar Siniqra رحمه الله
La différence se trouve donc dans la démarche. Une personne peut souhaiter sincèrement se marier et tenir compte de la nationalité de son ou sa futur(e) époux(se) parce qu’elle correspond à son projet de vie. C’est bien différent d’un mariage fictif, contracté uniquement dans le but d’obtenir un titre de séjour ou une nationalité.
Dans tous les cas, ces questions doivent être abordées avant le mariage. Hijra, pays de résidence, déménagement après l’union… Si ces éléments occupent une place importante dans votre projet, mieux vaut en parler clairement avec votre prétendant(e) afin que chacun sache dans quelle vie il s’engage.
Se marier au bled, mais vivre en france : rappel important
Se marier au bled, mais vivre en france : rappel important
C’est une situation que l’on rencontre régulièrement : un frère ou une sœur vivant en France choisit de se marier dans son pays d’origine, puis prévoit de revenir s’installer en France avec son époux(se). Ici, il ne s’agit pas d’un mariage blanc. Le mariage est bien réel et les deux époux souhaitent construire leur foyer ensemble. La problématique concerne plutôt le pays dans lequel ils envisagent de vivre après leur union. À ce sujet, plusieurs savants ont mis en garde contre le fait de s’installer dans un pays non musulman lorsque la personne a la possibilité de vivre dans un pays musulman. Cheikh Ibn Baz رحمه الله s’appuie notamment sur la parole d’Allah سبحانه وتعالى dans la sourate An-Nissa, verset 97 :
« Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : « Où en étiez-vous ? » (À propos de votre religion) – « Nous étions impuissants sur terre », diront-ils. Alors les Anges diront : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? » Voilà bien ceux dont le refuge est l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! »
À partir de ce verset, le Cheikh rappelle l’interdiction de résider parmi les non-musulmans pour celui qui a la possibilité d’émigrer. Ce rappel concerne donc directement celui qui vit en France, se rend dans un pays musulman pour s’y marier, puis prévoit dès le départ de ramener son épouse avec lui en France. Cette situation a également été évoquée concernant des frères vivant en France. Il est ainsi rapporté que Cheikh Rabi‘ Al-Madkhali رحمه الله a répondu à plusieurs frères qui souhaitaient se marier dans leur pays d’origine, puis ramener leur épouse en France :
« Non, c’est interdit ! Marie-toi là-bas, ensuite reste avec elle dans ce pays musulman. »
Le pays de résidence après le mariage est donc une question à aborder avant même de s’engager. Si l’un souhaite rester dans un pays musulman tandis que l’autre prévoit de vivre en France, ce désaccord peut avoir des conséquences importantes sur leur vie conjugale. Mieux vaut donc parler clairement de ce projet dès les premières étapes de la recherche afin que chacun sache où et dans quelles conditions le futur foyer sera construit.
👉🏻 Consulter les fatwas complètes sur le fait de ramener son épouse vivre en terre non musulmane
Zawaj Sounnah : se marier avec un véritable projet de vie
Zawaj Sounnah : se marier avec un véritable projet de vie
Se marier, ce n’est pas seulement trouver une personne qui correspond à nos critères. C’est aussi s’assurer que l’on partage une vision commune du mariage et que les projets de chacun sont compatibles. Où souhaitez-vous vivre après le mariage ? Envisagez-vous de faire la hijra ? Êtes-vous prêt(e) à quitter votre pays ou, au contraire, souhaitez-vous y rester ? La nationalité, le lieu de résidence ou encore un futur déménagement sont autant de sujets qu’il vaut mieux aborder avant de s’engager.
Sur Zawaj Sounnah, les frères et les sœurs peuvent justement prendre le temps d’échanger sur ces questions et de mieux connaître les attentes de leur prétendant(e). Les échanges sont encadrés par notre équipe de modération, dans un environnement sans mixité, conforme au Coran et à la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs. L’objectif n’est pas de se marier à tout prix, mais de rechercher une personne avec laquelle construire un véritable foyer, en étant clair dès le départ sur ses intentions et ses projets.
Par la permission d’Allah سبحانه وتعالى, plus de 2 000 mariages ont déjà été célébrés par notre cause. Et si le prochain était le vôtre ? Rejoignez dès maintenant Zawaj Sounnah et découvrez les profils de nos frères et sœurs célibataires en cliquant juste en dessous…



