Dote en Islam : quand le trop devient un frein au mariage

Depuis quelques années, la dote est devenue un sujet central dans les débats sur le mariage. Et dans ce brouhaha général, deux écoles s’opposent souvent. D’un côté, les fanatiques du “30k minimum”, convaincues qu’un frère doit forcément être riche pour se marier. De l’autre, les partisanes de la dote symbolique “à 1 euro”, qui espèrent faciliter le mariage… mais s’exposent au risque de tomber sur des prétendants peu sérieux. Le résultat ? Des demandes en mariage qui prennent les traits de transactions financières où tous les coups sont permis.

Mais alors quelle est la position juste de l’Islam sur la dote ? Faut-il exiger le maximum pour tester le sérieux de son prétendant ou se contenter du minimum pour suivre la Sounnah et simplifier l’accès au mariage ?

Dans cet article, l’équipe Zawaj Sounnah te guide pour comprendre les fondements religieux qui encadrent la dote, analyser les dérives actuelles, et surtout découvrir quelle est la dote juste : celle qui respecte la Sounnah tout en s’adaptant aux réalités de notre époque

La dote en islam : définition et règles essentielles

La dote en islam : définition et règles essentielles

La dote (mahr) est bien plus qu’une simple formalité ou un cadeau. L’Islam énonce que c’est un droit religieux de l’épouse, accordé par le mari au moment du mariage. Elle est obligatoire pour que le mariage soit valide et représente un engagement sérieux du mari envers sa future épouse. Allah سبحانه و تعالى nous dit dans le Coran : « Et donnez aux épouses leur dote, de bonne grâce. » (Sourate An-Nisa, verset 4)

Cela signifie que l’homme ne peut épouser une femme sans s’acquitter de ce droit, et le mariage sans dote est considéré comme nul. Celui qui se marie sans intention de donner la dote agit de manière injuste. D’après Abou Houreira رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : 

« Celui qui se marie avec une femme en échange d’une dote qu’il n’a pas l’intention de lui donner, c’est une personne qui commet la fornication. » (Rapporté par Al-Bazzar et authentifié par Cheikh Albani, Sahih Targhib n°1806)

Qui fixe le montant de la dote ?

C’est la femme qui fixe sa dote, et son tuteur la représente pour négocier avec le futur mari. Le tuteur ne doit jamais brader la dote ou imposer un montant ridicule, mais si la femme souhaite une dote modeste, c’est son droit. La dote reste toujours la propriété de l’épouse, et personne d’autre ne peut la réclamer ou la récupérer. La dote peut prendre différentes formes :

  • une somme d’argent
  • un bien matériel
  • un avantage en nature (comme l’enseignement d’un passage du Coran…). 

Il est également possible de différer le versement de tout ou partie de la dote avec l’accord de la femme. L’essentiel est que ce droit soit respecté et clairement mentionné dans le contrat de mariage. Point important, la dote devra être restituée à l’époux si le mariage n’a pas été consommé ou si l’épouse souhaite divorcer (khul’).

La dote face aux réalités de notre époque

À notre époque, la dote est souvent vidée de son sens religieux, soit par des pratiques culturelles, soit par des exigences déconnectées de la réalité.

Au Mali, par exemple, la dote est fréquemment remise aux parents de la mariée, puis distribuée entre les différents membres de la famille. Ce n’est que ce qu’il en reste qui est donné à la femme, alors qu’en Islam, la dote lui appartient intégralement et exclusivement. Cette pratique, bien qu’ancrée culturellement, n’a aucun fondement religieux.

À l’inverse, dans certaines familles turques, la dote peut atteindre jusqu’à 40 000 € uniquement en or, indépendamment des revenus réels du futur mari. Lorsque la dote devient un critère de richesse plutôt qu’un engagement sincère, elle transforme le mariage en épreuve financière.

Enfin, une réalité revient trop souvent : de nombreuses sœurs divorcent alors qu’elles n’ont jamais perçu l’intégralité de leur dote. Reportée, minimisée ou jamais réclamée, la dote perd alors son rôle protecteur, alors qu’elle constitue un droit fondamental et un marqueur clair du sérieux du mariage. Ces dérives rappellent une vérité essentielle : la dote n’est ni un dû familial, ni un trophée financier, mais un droit de la femme, à respecter pleinement dès le mariage.

Quand la dote devient excessive : un halal rendu inaccessible

Quand la dote devient excessive : un halal rendu inaccessible

Des demandes de dote à 10 000, 20 000 ou 30 000… non, ce n’est pas une blague. À l’ère des réseaux sociaux et de la course aux richesses, nombreuses sont les sœurs à imposer à leur prétendant des exigences déconnectées de la réalité. Ma sœur, si tu te reconnais dans cette situation, rappelle-toi que le SMIC français tourne autour de 1 400 € net par mois. Une dote de 30 000 €, c’est donc plusieurs années de salaire pour beaucoup de frères. Comment en faire alors une norme ? Et comment espérer qu’un mariage bâti sur la contrainte et le manque soit source d’épanouissement ? Et le problème ne se limite pas à l’argent. Derrière ces montants excessifs, il y a des conséquences bien réelles :

  • des années d’attente avant de pouvoir se marier,
  • une exposition accrue aux tentations, lorsque l’accès au halal devient un obstacle,
  • des unions fondées sur l’argent, plutôt que sur la foi, le caractère et les valeurs.

‘Umar ibn Al-Khattab رضي الله عنه mettait déjà en garde : « N’exagérez pas dans le montant des dotes. Si cela avait été un signe de noblesse ici-bas ou de piété auprès d’Allah, le Prophète صلى الله عليه وسلم nous aurait précédé dans cela. »

Le Prophète صلى الله عليه وسلم  n’a jamais donné, ni exigé pour ses femmes ou ses filles, plus de douze ouqiya, soit environ 900 € (Rapporté par An-Nasa’i, authentifié par Cheikh Al-Albani). 

Une somme simple, qui ne bloque pas le mariage et permet de rester centré sur l’essentiel : la foi, les valeurs et la stabilité du foyer. En Islam, le mariage le plus béni est celui qu’on facilite. Quand la dote devient excessive, on perd de vue le sens du mariage et on érige des obstacles là où il ne devrait y en avoir aucun.

Quand la dote devient trop basse : un pilier vidé de son sens

Quand la dote devient trop basse : un pilier vidé de son sens

À l’inverse, une autre dérive s’est installée ces dernières années : la dote symbolique poussée à l’extrême. Un euro. Un dirham. Parfois même « rien du tout », au nom de la facilité ou d’une compréhension approximative de la Sounnah.

Oui, l’Islam encourage la simplicité. Mais simplicité ne veut pas dire naïveté. La dote en Islam n’a jamais été pensée comme un geste vide ou automatique. C’est un droit de la femme, un signe d’engagement du mari et un indicateur du sérieux du projet de mariage. Dans la réalité, cette banalisation ouvre la porte à plusieurs dérives. Elle peut minimiser l’importance de l’engagement, fragiliser certaines sœurs en les privant d’un droit qu’Allah leur a accordé et surtout… favoriser l’apparition des « frères-loups ». Ces hommes dénués d’empathie et sans réelle intention de construire un foyer raffolent des dotes symboliques car elles leur permettent de contracter des mariages express, auxquels se succèdent des divorces en série.

La sagesse n’est donc ni dans l’excès, ni dans l’effacement total. Elle se trouve dans une dote équilibrée, réfléchie, adaptée à l’époque et aux revenus du futur mari. Une dote qui facilite le halal, tout en protégeant la femme et en responsabilisant l’homme.

Zawaj Sounnah dote en Islam

Sheikh 'Abdel-'Aziz Ibn 'Abdi-llah Ibn Baz : la cause du retardement des mariages

Sheikh 'Abdel-'Aziz Ibn 'Abdi-llah Ibn Baz : la cause du retardement des mariages

« Il ne fait aucun doute que le montant exorbitant des dotes est en effet, l’une des plus grandes causes du retardement des mariages. Beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes sont énormément pénalisés [vis-à-vis du mariage] à cause de l’exagération du montant des dotes. On peut également allier à ce sujet, celui des relations conjugales, car le fait de retarder les jeunes hommes et les jeunes femmes vis-à-vis du mariage, ne fait qu’engendrer davantage de complications.

Il est donc recommandé de traiter ce sujet avec plus de justesse et veiller à ne pas tomber dans l’exagération et dans l’étalage pour le montant des dotes et autres…ce qui est aussi valable pour les réceptions [wala im] et bien d’autres choses. Le fait de basculer dans l’étalage d’un côté et l’exagération de l’autre, dans l’augmentation du montant des dotes et la disproportion des repas de noce, tout cela finira par nuire à tous et sera la cause d’importants problèmes déjà présents.

Je recommande à tous, de veiller plutôt à réduire le montant des dotes, de l’alléger et l’amoindrir dans la mesure du possible, en veillant à simplifier le repas de noce en se limitant et en se restreignant, sans exagération et ainsi les gens se sentiront mieux et ressentiront du bien-être. Cela ne rajouterait qu’un fardeau de plus pour eux, si le repas de noce est copieux, alors il t’est demandé, mon frère, de ne pas exagérer pour les réceptions [wala im] et de te limiter au [strict minimum] pour honorer la Sounnah.

Donc, ne t’impose pas de contraintes et ne te mets pas dans l’embarras avec trop d’invités sachant qu’ils peuvent s’abstenir de venir. Si la personne à la possibilité d’égorger une seule [brebis], ou alors deux ou trois lors d’une cérémonie de mariage cela est un grand bienfait. Et il en va de même au sujet des femmes pour ce qui est de l’annonce du mariage et d’y inviter beaucoup de femmes [à la cérémonie]. Le fait aussi de l’annoncer en utilisant les hauts parleurs et de veiller toute la nuit à cette occasion… Tout ceci n’engendrera qu’un grand mal et un grand désordre.

Se restreindre [dans les dépenses], apporte un bien abondant et facilite le mariage et sa multiplication, accroît les naissances [nombre d’enfants] et renforce la bienveillance [chez les gens] pour l’augmentation du bien. »

Sheikh ‘Abdel-‘Aziz Ibn ‘Abdi-llah Ibn Baz – الشيخ عبدالعزيز بن عبدالله بن باز
Majmou’ Fatawa oua maqalat moutanayi’a – Volume n°11

Zawaj Sounnah : poser les bases avant de s’engager

Zawaj Sounnah : poser les bases avant de s’engager

Chez Zawaj Sounnah, nous sommes convaincus que la majorité des tensions autour de la dote viennent d’un manque de dialogue. Trop souvent, les attentes, les limites et les désaccords apparaissent au dernier moment, lorsque les émotions sont déjà engagées. Pourtant, parler clairement et sereinement de la dote, de la vision du mariage et des responsabilités de chacun avant de s’engager est non seulement possible, mais aussi bénéfique.

C’est précisément pour répondre à ce besoin que Zawaj Sounnah a été créée. La plateforme offre un cadre sans mixité, pensé pour permettre aux frères et aux sœurs d’échanger avec sérieux, pudeur et respect des règles islamiques.

Avec plus de 4 000 mouqabala réalisées, Zawaj Sounnah a déjà permis à des milliers de musulmans de poser les bonnes questions au bon moment, dans un environnement sain, loin des pressions sociales et des faux-semblants. Ici, la dote, comme le reste, est abordée avec sincérité et crainte d’Allah. Car le mariage n’est pas une négociation commerciale : c’est un engagement sacré, destiné à rapprocher du Créateur سبحانه و تعالى, pas à en éloigner.

 

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