La période de viduité en Islam, appelée ʿIdda, est un temps d’attente que toute femme doit observer après un divorce ou le décès de son mari. Cette période ne se limite pas à un simple délai : elle est pensée pour protéger la filiation, clarifier la situation familiale et respecter le lien du mariage.
Mais combien de temps dure réellement cette période ? Est-elle la même pour toutes ? La réponse est non. Selon le Coran et la Sounnah, la durée de la ʿIdda varie selon la situation de chaque femme. Une femme enceinte n’observe pas la même période qu’une divorcée ou qu’une veuve, et une femme ménopausée ou impubère suit encore d’autres règles. Dans cet article, nous allons passer en revue les six catégories de femmes concernées par la période de viduité, afin de rendre ces règles plus claires et accessibles, in sha Allah.
N°1 : La femme enceinte
N°1 : La femme enceinte
La première situation concerne la femme enceinte, que son mari soit décédé ou qu’elle ait été répudiée. Dans ce cas, la période de viduité (ʿIdda) se termine au moment de l’accouchement, peu importe la durée qui s’écoule entre la séparation et la naissance de l’enfant. Allah سبحانه و تعالى dit en effet dans la Sourate At-Talaq, verset 4 :
« Et quant à celles qui sont enceintes, leur période d’attente se terminera à leur accouchement. »
Cela signifie que si la femme accouche peu de temps après le divorce ou le décès de son mari, sa ʿIdda prend fin dès la naissance de l’enfant. En revanche, si la grossesse dure plusieurs mois après la séparation, la période de viduité se poursuit jusqu’à l’accouchement. La sagesse derrière cette règle est claire : elle permet de protéger et clarifier la filiation de l’enfant, en établissant clairement la relation avec le mari, tout en respectant la législation islamique.
N°2 : La femme veuve non enceinte
N°2 : La femme veuve non enceinte
La deuxième situation concerne la femme dont le mari est décédé et qui n’est pas enceinte. Dans ce cas, la période de viduité (ʿIdda) est de quatre mois et dix jours, à compter du décès de son mari. Allah سبحانه و تعالى nous dit ainsi dans la Sourate Al-Baqara, verset 234 :
« Ceux des vôtres que la mort frappe et qui laissent des épouses : celles-ci doivent observer une période d’attente de quatre mois et dix jours. Passé ce délai, on ne vous reprochera pas la façon dont elles disposeront d’elles mêmes d’une manière convenable. Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. »
Cette durée est clairement fixée par le Coran et commence au moment du décès du mari, et non au moment où la femme en prend connaissance. Cette période viduité permet notamment de respecter le lien du mariage et de s’assurer qu’aucune grossesse n’est présente. Elle offre également un temps de deuil et de réflexion, avant que la femme puisse envisager de se remarier.
N°3 : La femme divorcée qui a ses menstrues
N°3 : La femme divorcée qui a ses menstrues
La troisième situation concerne la femme nubile qui a été répudiée, c’est-à-dire la femme divorcée qui est en âge d’avoir ses menstrues. Dans ce cas, la période de viduité (ʿIdda) est de trois cycles menstruels. Allah سبحانه و تعالى dit dans la Sourate Al-Baqara, verset 228 :
« Et les femmes divorcées doivent observer un délai d’attente de trois menstrues; et il ne leur est pas permis de taire ce qu’Allah a créé dans leurs ventres, si elles croient en Allah et au Jour Dernier. Et leurs époux seront plus en droit de les reprendre pendant cette période, s’ils veulent la réconciliation. »
Cette période de viduité permet, notamment dans le cas d’un divorce révocable, que le mari puisse reprendre son épouse sans qu’un nouveau contrat de mariage soit nécessaire, si la réconciliation a lieu. La sagesse derrière cette règle est également de s’assurer qu’aucune grossesse n’est présente, tout en offrant un temps de réflexion à la femme après le divorce.
N°4 : La femme qui n’a pas de menstrues
N°4 : La femme qui n’a pas de menstrues
La quatrième situation concerne les femmes qui n’ont pas de règles, que ce soit naturellement ou pour des raisons physiologiques. Cela inclut notamment :
- La jeune fille qui n’a pas encore atteint la puberté,
- La femme ménopausée, qui n’a plus de menstruations à cause de son âge,
- La femme souffrant de métrorragie, c’est-à-dire de saignements irréguliers qui empêchent de déterminer un cycle menstruel normal.
Dans tous ces cas, la période de viduité (ʿIdda) est de trois mois. Allah سبحانه و تعالى nous dit en effet dans la Sourate At-Talaq, verset 4 :
« Celles de vos femmes qui n’espèrent plus avoir de règles, si vous doutez, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. »
Cette règle permet de clarifier la situation et de vérifier qu’aucune grossesse n’est présente, tout en respectant le délai d’attente prescrit par l’Islam.
N°5 : La femme dont les menstrues ont disparu sans cause connue
N°5 : La femme dont les menstrues ont disparu sans cause connue
Il arrive parfois que les règles d’une femme cessent sans raison apparente : elle n’est ni enceinte, ni ménopausée, mais ses menstrues se sont interrompues. Dans cette situation particulière, les savants ont établi que la période de viduité (ʿIdda) est d’une année complète. Cette règle a été mentionnée par l’imam Ach-Chafiʿi, qui rapporte que ce jugement fut appliqué par le calife ʿUmar ibn Al-Khattab رضي الله عنه parmi les Compagnons :
« Tel a été le jugement de `Omar pour les Mouhajirouns et les ‘Ansâr, et personne d’entre eux ne le nie, à notre connaissance. »
Cette période d’un an permet de s’assurer de l’absence de grossesse avant que la femme ne puisse envisager un nouveau mariage, tout en respectant la législation islamique et la protection de la filiation.
N°6 : La femme dont le mari a disparu
N°6 : La femme dont le mari a disparu
La sixième situation concerne la femme dont le mari a disparu et dont le sort reste inconnu. Dans ce cas, la femme doit d’abord attendre une période de viduité pour s’assurer de la situation de son mari. Une fois ce délai écoulé, elle observe alors une période de viduité (ʿIdda) de quatre mois et dix jours, identique à celle de la veuve.
Les savants précisent que cette ʿIdda commence uniquement après la période d’attente liée à la disparition du mari, permettant de clarifier la situation avant d’entamer la période de viduité. Cette règle vise à protéger la filiation et le respect du lien matrimonial, tout en offrant un cadre légal clair pour la femme concernée.
Zawaj Sounnah : attendre la fin de la viduité pour se lancer dans le mariage
Zawaj Sounnah : attendre la fin de la viduité pour se lancer dans le mariage
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Respecter la période viduité permet à chaque sœur de se préparer sereinement à une nouvelle étape de sa vie, d’honorer le cadre sacré du mariage et d’aborder ses mouqabalas avec clarté et légitimité.
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