« Nous sommes contre ce mariage… » Quelques mots qui peuvent profondément blesser, semer le doute et parfois changer le cours d’une vie. Cette phrase, de nombreux musulmans célibataires l’ont déjà entendue de la bouche de leurs parents. Les raisons invoquées sont souvent diverses : l’âge, les études, l’origine, la situation financière ou encore le poids des traditions. Dans le meilleur des cas, l’enfant accepte la décision et les liens familiaux demeurent préservés. Mais il existe aussi d’autres situations, de plus en plus fréquentes, où le refus d’un mariage entraîne des tensions profondes, une rupture du dialogue voire même la fornication. Dès lors, deux questions essentielles se posent :
Comment réagir lorsqu’un parent refuse notre mariage ? Quelle attitude adopter lorsque son enfant nous présente un(e) prétendant(e) qui ne nous convient pas ?
Dans cet article, nous tenterons de répondre à ces interrogations qui préoccupent autant les enfants que les parents. L’objectif ? Replacer le Coran et la Sounnah au cœur des discussions liées au mariage, afin de préserver les droits de chacun et maintenir l’harmonie au sein des foyers musulmans.
Parents : sur quels critères se baser pour donner son accord à un mariage ?
Parents : sur quels critères se baser pour donner son accord à un mariage ?
D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Lorsque se présente à vous quelqu’un qui vous satisfait par sa religion et sa moralité, alors mariez-le. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et une grande corruption sur Terre. » (Rapporté par At-Tirmidhi dans ses Sunan n°1084, authentifié par Cheikh Al-Albani)
D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a également dit :
« On épouse une femme pour l’une de ces quatre raisons : sa richesse, sa lignée, sa beauté et sa religion. Favorise donc celle qui est pieuse, [dans le cas contraire] puisse tes mains ne recueillir que poussière ! » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°5090 et Mouslim dans son Sahih n°1466)
Ces deux hadiths mettent en lumière un principe essentiel : le critère déterminant dans le choix d’un époux ou d’une épouse est avant tout la religion et le bon comportement. Autrement dit, ce qui doit être recherché en priorité est la piété, la droiture, la crainte d’Allah سبحانه وتعالى et la qualité des relations humaines.
Concrètement, lorsqu’un prétendant(e) se présente à vous, l’attention première doit donc être portée sur sa pratique religieuse, son comportement au quotidien et sa capacité à assumer les responsabilités du mariage. À l’inverse, des critères comme la richesse, l’origine familiale ou le statut social ne doivent pas devenir des obstacles dès lors que la personne possède la religion et les qualités morales requises. Ces éléments restent secondaires et ne doivent jamais prendre le dessus sur l’essentiel.
Refuser un mariage sans raison valable : une injustice en Islam
Refuser un mariage sans raison valable : une injustice en Islam
Les parents qui s’opposent à un mariage avancent souvent des arguments similaires. Zawaj Sounnah vous propose de revenir sur plusieurs d’entre eux en présentant, pour chacun, les paroles et les explications de savants reconnus. L’objectif est de mieux comprendre ce que la législation islamique permet réellement… et ce qu’elle déconseille, afin d’éclairer les familles et de replacer les enseignements de l’Islam au cœur des décisions liées au mariage.
Origines et mariage : les avis de Sheikh Ibn ‘Uthaymin et Sheikh Ubeyd Al-Djabiri رحمهم الله
Sheikh Ibn ‘Uthaymin رحمه الله
Question :
Quel est le jugement de l’islam d’un père Qabîlî (tribal) qui empêche sa fille de se marier avec quelqu’un, qui a les qualités requises pour le mariage, juste sous le prétexte qu’il est Khudayri (ceux qui ne dépendent pas des tribus) ? Lorsqu’on discute avec lui sur ce point, il dit qu’Allah a classé les gens en plusieurs degrés et que le Khudayri n’a pas d’origine.
Il se réfère au verset (traduction rapprochée) : «C’est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres» (Sourate Al An’am, verset 165).
Et au verset (traduction rapprochée) : «Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez.» (Sourate Al Hujurat, verset 13)
Qu’Allah vous récompense en bien.
Réponse :
En vérité, le fait de se baser sur l’origine comme critère de choix dans le mariage, même si certains savants ont pris cet avis en disant : « La personne peut empêcher une femme Qabîlî de se marier avec un homme qui n’est pas Qabîlî » ; Il convient avant tout à la personne de rechercher plutôt la religion et la moralité du prétendant, car le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
«Lorsque se présente à vous quelqu’un qui vous satisfait par sa religion et sa moralité, alors acceptez-le comme mari, car si vous ne le faites pas, une tentation et une grande corruption se répandront sur terre»
Rapporté par At-Tirmidhî dans le chapitre du mariage (n°1084) et par Ibn Mâjah dans le chapitre du mariage (n°1976). Toutefois, la chaîne de rapporteurs de ce hadith est interrompue, car il manque le Compagnon. Mais le même hadith est rapporté avec une autre chaîne de rapporteurs par At-Tirmidhî selon Abû Hâtim Al-Muzanî (n°1085).
Voilà ce qui convient à la personne de faire, car la question des origines Qabîlî ou Khudayrî est une question secondaire. Je pense vraiment qu’il faut se baser sur la religion et la moralité, et si ces deux critères sont réunis alors on doit accepter le prétendant même s’il n’est pas Qabîlî. Et pour ce qui concerne le verset suivant (traduction rapprochée) :
«C’est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres.» (Sourate Al An’am, verset 165.) Il n’y a pas de doute que ceci est la réalité.
Allah a en effet élevé les gens en rangs les uns par rapport aux autres dans la science, la religion, la sagesse, la raison, le physique et dans d’autres domaines. Mais ceci ne signifie aucunement qu’on doit refuser le prétendant qui a les qualités requises juste parce qu’il n’est pas Qabîlî et que la femme qu’il demande en mariage l’est. Ceci fait partie des critères sur lesquels nous ne devons pas revenir. Quant au hadith du Messager صلى الله عليه وسلم :
«On épouse la femme pour quatre raisons : pour son argent, pour ses origines, pour sa beauté et pour sa religion » (Rapporté par Al-Bukhârî dans le chapitre du mariage (n°5090), et par Muslim dans le chapitre de l’allaitement (n°1466).) Ceci est bien la réalité. C’est-a-dire que ceci est ce que désire les gens en général. Mais est-ce que c’est ce que veut la loi religieuse ? Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit dans la suite du même hadith (précédent) : «Prends celle qui a une bonne religion, puissent tes mains se couvrir de poussière.»
Fatawa des savants du Balad Elharam- question 2 page 1350
Publié par Ilm Char3i
Sheikh Ubeyd Al-Djabiri رحمه الله
Les études et le mariage : les avis de Sheikh Ibn ‘Uthaymin et Sheikh Ibn Baz رحمهم الله
Sheikh Ibn ‘Uthaymin رحمه الله
Question :
Une habitude assez répandue consiste à ce que la fille ou son père refuse le mariage à celui qui se présente à elle, sous prétexte qu’elle n’a pas encore terminé ses études secondaires ou universitaires, ou qu’elle veut encore étudier pendant quelques années. Quel est l’avis juridique de l’islam sur une telle situation, et quel est votre conseil envers ceux qui le font, car certaines femmes atteignent l’âge de la trentaine ou la dépassent sans être mariées ?
Réponse :
Ceci est contraire à l’ordre du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, qui a dit : «Lorsque se présente à vous (pour marier votre fille) celui qui vous satisfait par sa religion et sa moralité, alors acceptez-le.» (Rapporté par At-Tirmidhî dans le chapitre du mariage (n°1084))
Et il, prière et salut d’Allah sur lui, a dit aussi : «Ô jeunes gens ! Celui parmi vous qui peut assumer les charges du mariage, qu’il se marie. Il pourra ainsi mieux baisser son regard et préserver sa chasteté.» (Rapporté par Al-Bukhârî dans le chapitre du mariage (n° 5065 et 5066), et par Muslim également dans le chapitre du mariage (n°1400))
Et le refus du mariage prive les gens de tous ces bienfaits. Je conseille donc à mes frères musulmans parmi les tuteurs et à mes sœurs musulmanes de ne pas refuser le mariage pour terminer les études ou pour enseigner. D’ailleurs, la femme peut très bien donner comme condition au mari de poursuivre ses études jusqu’à la fin, ou de continuer à enseigner pendant une ou deux années, tant qu’elle n’est pas encore occupée par les enfants.
Cependant, je crois qu’il faudrait revoir la question du fait qu’une femme pousse loin ses études universitaires dans des domaines qui ne sont pas utiles. Je pense qu’une fois que la femme a achevé ses études primaires, et qu’elle est capable de lire et d’écrire de manière à pouvoir exploiter cette science dans la lecture et l’explication du Coran et des hadiths du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, alors ceci est suffisant. Par contre, elle peut éventuellement pousser les études indispensables aux gens comme la médecine et d’autres domaines semblables, s’il n’y a aucun interdit au cours de ces études comme la mixité ou autre.
Questions importantes pages 26 et 27.
Publié par fatawaislam.com
Sheikh Ibn Baz رحمه الله
Question :
Quelle est votre opinion sur le mariage de l’étudiant qui est capable de se marier et qui étudie à l’université, y a t-il un impact sur ses leçons ?
Réponse :
Ce que je recommande c’est le mariage précoce, parce que cela n’affecte pas les leçons. Et les pieux prédécesseurs du temps du Prophète صلى الله عليه وسلم jusqu’à aujourd’hui, ils étudient, apprennent et se marient. Le mariage l’aidera sur le bien. Donc s’il en a la capacité, le mariage l’aidera sur le bien, il ne le détournera pas des études, ni ne le perturbera. Au contraire, cela aura pour conséquence qu’il baisse son regard, l’apaisement de son âme, la tranquillité de sa conscience et son abstention quant à ce qu’Allah lui a interdit.
Ainsi, si le mariage lui est facile, nous lui conseillons de se marier et qu’il craigne Allah en cela, puis qu’il applique la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : «Ô jeunes gens ! Quiconque parmi vous est en mesure d’assumer les charges du mariage, alors qu’il se marie. Certes, le mariage est plus apte à faire baisser le regard et à préserver la chasteté.» (1)
… Le hadith.
(1) Note du webmaster :
D’après AbdAllâh Ibn Mas3oud : Le prophète صلى الله عليه وسلم nous a dit : «Ô jeunes gens ! Quiconque parmi vous possède la capacité physique et les moyens financiers nécessaires au mariage, qu’il se mette en ménage. Certes, le mariage contraint les regards lascifs et préserve la chasteté. Quant à celui qui n’en possède pas les moyens, qu’il jeûne, car le jeûne le protégera contre la tentation.» (Rapporté par Al Boukhari n° 5065 et Mouslim 1400 unanimement authentique)
La situation financière du prétendant : Sheikh Al Fawzan حفظه الله
Question :
Un jeune homme pieux et aux qualités louables a été présenté à une femme en vue du mariage. Cependant, le père de cette femme a manifesté son refus en affirmant que cet homme a des qualités insuffisantes tant du point de vue financier que de sa famille. En effet, il veut qu’elle épouse un jeune homme issu d’une famille ancienne, riche et prestigieuse, tandis qu’elle est satisfaite de cet homme et qu’elle ne veut pas en épouser un autre.
Elle demande : Lui est-il permis de se marier avec lui toute seule, sans son tuteur (Wali), car elle a lu dans « Fiqh As-Sunnah », de Abu Hanifah, que ce dernier rendait cela licite, et qu’Allâh était le Tuteur de Ses serviteurs dans tous les domaines, y compris le mariage. Ainsi, si son père lui interdit d’épouser une personne convenable, tout en désirant néanmoins préserver fermement l’honneur de sa fille, en sauvegardant sa dignité et en restant accroché à sa religion, puis en la mariant avec un homme qui ne répond pas à de telles caractéristiques, n’a-t-elle pas le droit de se marier sans son autorisation avec un homme vertueux, en allant solliciter un Juge (Qadi) ou en allant demander cette autorisation à d’autres proches membres de sa famille qui sont convaincus par son point de vue ?
Réponse :
Louange à Allah. Premièrement : Il n’est pas permis à la femme de se marier seule. Si elle se marie seule, son mariage est invalide d’après la majorité des Gens de Science, aussi bien anciens que plus récents. Et cela car Allâh سبحانه و تعالى s’est adressé aux tuteurs des femmes en les exhortant à les marier.
Il a dit :
وَأَنكِحُوا الأَيَامَى مِنكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبَادِكُمْ وَإِمَائِكُمْ
{Mariez les célibataires d’entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes.} (Sourate An-Nour (24), Verset 32)
Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :
إذا أتاكم من ترضون دينه وخلقه فزوجوه
« Si quelqu’un vient à vous et que sa religion et son comportement vous satisfont, mariez-le. » Rapporté par At-Tirmidhi dans son « Sunan » (4/41,42) et Ibn Majah dans son « Sunan » (1/632,633), tous les deux d’après Abu Hurayrah (رضي الله عنه)
Et il صلى الله عليه و سلم a dit :
لا نكاح إلا بولي وشاهدي عدل
« Il n’y a point de mariage sauf avec un tuteur et deux témoins justes. » Rapporté par Al Bayhaqi dans « As-Sunan Al Koubra » (10/148) d’après ‘Aïshah رضي الله عنها, et par Ibn Abi Shaybah dans son « Moussnaf » (3/454-456)
Quant à ce qui a été évoqué par celle qui a posé la question, à savoir le fait qu’elle a lu dans certains ouvrages de Fiqh que la femme peut se marier seule, cela est un avis à rejeter, et ce qui est juste est l’avis défendu par des preuves allant à l’encontre de cela. En ce qui concerne sa situation et son point de vue opposé à celui de son père, puisque ce dernier veut pour elle un époux qui se montrera suffisamment digne d’elle aussi bien concernant sa richesse que sa famille, qu’elle ne voit pas les choses du même angle et qu’elle penche plutôt vers le mariage avec un homme dont elle perçoit des qualités religieuses, même si celui-ci n’est ni riche, ni de bonne famille, alors la vérité est détenue par son père.
En effet, son père a un point de vue très éloigné du sien, et elle s’imagine que cet homme pourra lui convenir alors qu’il se peut que cela ne soit pas le cas. Elle ne doit donc pas contredire son père dans la mesure où celui-ci voit avant tout l’intérêt de sa fille. Et s’il s’avère qu’un autre homme se présente, qu’il lui convient et lui suffit aussi bien dans son rang que dans sa richesse et sa religion, mais que son père refuse de la marier à lui, ce refus obstiné pourra dans ce cas l’amener à le voir déchu de son tutorat et celui-ci sera transmis à ceux qui viennent après lui dans cette fonction. Mais cela ne doit avoir lieu qu’après avoir présenté l’affaire devant le Juge (Qadi), afin qu’il brise le tutorat de ce père qui s’entête dans son refus, et qu’il le transmette aux autres tuteurs qui viennent après lui. Mais il n’appartient pas à cette femme de se comporter en tant que son propre tuteur ou de laisser un autre de ses tuteurs le faire sans le consentement de son père ; cela doit impérativement être du ressort du qadi légal, qui observera les tenants et aboutissants de la situation en question.
Il pourra ainsi éventuellement considérer que briser ce tutorat afin de le transmettre à un autre améliorera cette situation. Ce qui est relatif au mariage doit être observé avec minutie, et cela doit être fait en lieu et place des femmes car ces dernières ont un champ de vision restreint. En outre, leurs tuteurs parmi les hommes ont un désir ardent de les préserver, et éprouvent une jalousie pour elles qu’elles n’éprouvent même pas pour elles-mêmes. Cela doit impérativement être respecté, et Allâh est plus savant.
Fatwa n°16501 sur son site Internet.
Publié par le-mariage-en-islam.forumpro.fr
Parents et mariage : peut-on imposer un(e) époux(se) à son enfant ?
Parents et mariage : peut-on imposer un(e) époux(se) à son enfant ?
Il est tout à fait légitime qu’un parent refuse un(e) prétendant(e) lorsque son avis repose sur des critères valables, et en premier lieu la religion et le comportement. Les parents ont en effet un rôle de conseil et de protection envers leurs enfants, et leur expérience peut les aider à discerner ce qui est bénéfique pour eux. Cependant, ce rôle ne signifie pas qu’ils peuvent imposer un mariage contre la volonté de leur enfant. L’Islam interdit de contraindre un fils ou une fille à épouser une personne qui ne lui plaît pas. Le mariage doit se faire avec le consentement clair des deux époux, car ce sont eux qui vont vivre ensemble et construire leur foyer. Le savant Abd al-Rahman ibn Nasir al-Sa’di رحمه الله a ainsi affirmé :
« Ni son père ni sa mère n’ont le droit de la contraindre à se marier, même s’ils sont satisfaits de la religiosité du prétendant. »
Cette parole met en évidence un principe fondamental : le mariage ne peut être valide et bénéfique que s’il repose sur l’acceptation sincère des personnes concernées.
Le rôle des parents : conseiller sans imposer
Dans le même sens, le Sheikh Muhammad ibn Salih al-Uthaymin رحمه الله a expliqué qu’un père n’a pas le droit d’obliger son fils à épouser une femme qu’il ne souhaite pas. Il peut bien sûr lui proposer une candidate (par exemple une femme de la famille ou de sa tribu), mais le fils reste libre d’accepter ou de refuser.
Le savant souligne également une réalité souvent observée : de nombreux parents ont regretté par la suite d’avoir forcé leurs enfants à se marier avec une personne qu’ils ne désiraient pas. Un mariage imposé peut en effet engendrer des tensions, de l’incompréhension et parfois même le divorce du couple. Cela ne signifie pas que l’avis des parents doit être négligé. L’Islam encourage au contraire le dialogue, le respect et la recherche du conseil. Lorsque des désaccords apparaissent, il convient d’agir avec sagesse, de préserver les liens familiaux et de tenter de convaincre avec douceur.
En définitive, le rôle des parents est d’orienter et de conseiller leurs enfants, mais non de décider à leur place. Le mariage doit reposer sur un accord mutuel afin de bâtir un foyer fondé sur la sérénité, la confiance et la foi.
Mes parents s’opposent à mon mariage : quelle attitude adopter ?
Mes parents s’opposent à mon mariage : quelle attitude adopter ?
Il arrive que certains enfants se retrouvent dans une situation difficile : ils souhaitent se marier avec une personne qu’ils jugent compatible, mais leurs parents s’y opposent. Face à cette épreuve, la réaction spontanée peut être la frustration, la colère ou la volonté de passer outre leur avis. L’Islam accorde cependant une place immense au respect et à l’obéissance envers les parents. Même lorsque leur décision semble injustifiée, il ne convient pas d’agir avec précipitation ou de rompre les liens familiaux.
Les conseils de Sheikh Saleh Al Luhaydan رحمه الله
Question :
Un homme désire épouser une femme qu’il connaît depuis une longue période. La famille de cette femme a refusé cette union en affirmant que cet homme ne convient pas à leur fille mais aussi parce qu’il est noir, et elle blanche. Est-il permis à cette femme de se marier sans leur consentement en faisant appel aux autorités compétentes, sachant qu’ils résident tous les deux dans une terre de mécréance ?
Réponse :
Si les membres de sa famille ne sont pas musulmans, ils n’ont par conséquent aucune autorité sur elle. Dans ce cas, s’il existe dans son pays une instance ou une organisation reconnue comme étant celle qui détient la gestion des affaires des musulmans, la tutelle de cette femme lui revient. Mais si ses parents sont de confession musulmane, je lui conseille de ne pas aller à l’encontre de leur volonté. En effet, le fait que les enfants contredisent le point de vue de leurs parents peut être une cause menant plus tard à leur désobéir.
Et l’obéissance aux parents est justement une obligation, tant que ceux-ci n’ordonnent pas à leur enfant de commettre une désobéissance [à Allah], ou ne lui empêchent pas d’accomplir un acte obligatoire. Cet homme et cette femme se doivent tous deux de tenter d’apaiser la situation. Si cela n’apporte aucun résultat, ils devront renoncer l’un à l’autre, et il se peut qu’Allah octroie à chacun d’eux ce qui préservera leur avenir. Et ce, car cette femme ne réalise pas à l’heure actuelle que si elle épouse cet homme sous l’autorité d’une personne qui le lui aura permis et que cette union ne dure pas, il se peut que ses parents décident après cela de se désintéresser définitivement d’elle. Elle aura ainsi été directement à l’origine de la tournure qu’auront pris les événements, tout comme l’homme qui désire l’épouser. Face à une telle situation, il faut impérativement se projeter dans l’avenir et tenter d’imaginer de quoi il pourrait être fait.
Question posée à Sheikh Salih Al-Louhaydan au Masjid al Haram, à la Mecque, le 20 Rabi’ Ath-Thanî 1430, correspondant au 15 Avril 2009
Publié par Ilm Char3i
Le mariage sans l’accord des parents : quelles limites en Islam ?
Face au refus de leurs parents, de nombreux célibataires musulmans peuvent être tentés de passer outre leur avis en se mariant malgré tout. Pourtant, une telle décision ne doit jamais être prise à la légère. L’Islam accorde en effet une place très importante au respect et à la bienveillance envers les parents, et encourage les enfants à préserver le dialogue familial autant que possible. La question du mariage sans l’accord des parents dépend toutefois de la situation et diffère selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme.
Le cas du fils
Dans le cas d’un homme, le mariage ne nécessite pas la présence d’un tuteur. Sur le plan juridique, il lui est donc possible de se marier même si ses parents ne donnent pas leur accord. Cependant, les savants recommandent vivement de ne pas agir sans les informer ni chercher leur conseil. Le Sheikh Ubayd ibn Abdullah Al Djabiri رحمه الله rappelait que les parents disposent souvent d’une expérience et d’une connaissance des gens que le jeune homme ne possède pas encore. Ils peuvent ainsi l’aider à évaluer certaines situations ou à discerner ce qui est réellement bénéfique pour lui et pour sa famille. Le savant conseille donc au jeune homme d’essayer, dans la mesure du possible, d’obtenir l’accord de ses parents et de patienter quelque temps s’ils lui demandent d’attendre. Cette attitude peut être une source de récompense auprès d’Allah سبحانه و تعالى. Toutefois, si le jeune homme craint de tomber dans la tentation, il lui est permis de se marier. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« L’obéissance n’est due que dans ce qui est convenable. » (Rapporté par Boukhari et Muslim)
Il صلى الله عليه وسلم a également dit :
« Ô vous les jeunes ! Que celui d’entre vous qui en a la capacité se marie, car cela est plus à même de préserver le regard et de protéger la chasteté. Et celui qui ne le peut pas qu’il jeûne, car le jeûne sera pour lui une protection. » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°5090 et Mouslim dans son Sahih n°1466)
Ainsi, même si le mariage reste possible dans ce cas, les savants encouragent toujours à préserver le dialogue familial et à rechercher l’apaisement.
Le cas de la femme
La situation est différente pour la femme. En Islam, un mariage conclu sans tuteur est considéré comme invalide. Le Sheikh Abdulaziz Al Rajhi حفظه الله a rappelé que la femme ne peut pas se marier seule, en se basant sur la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم :
« La femme ne peut marier une femme, et la femme ne peut se marier d’elle-même. C’est plutôt la fornicatrice qui se marie d’elle-même. » (Rapporté par Ibn Majah)
Le Prophète صلى الله عليه وسلم a également dit :
« Il n’y a pas de mariage sans tuteur et deux témoins justes. » (Rapporté par Al Bayhaqi et authentifié par cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°7557)
Ainsi, même si le père refuse le mariage, la solution n’est pas que la femme se marie seule ou en secret. Si le refus du tuteur est injustifié ou s’il existe un problème particulier (par exemple un père qui délaisse la prière), l’affaire doit être présentée à une autorité religieuse ou à un centre islamique compétent. Cette autorité examine alors la situation et peut, si nécessaire, retirer la tutelle au père et la confier à un autre tuteur légitime, comme un frère ou un autre membre de la famille.
Pour aller plus loin…
Si vous souhaitez en savoir davantage sur le rôle du tuteur dans le mariage islamique, ainsi que sur la différence entre wali et mahram, l’équipe Zawaj Sounnah a consacré un article complet à ce sujet : Tuteur et mahram : ce que chaque sœur doit comprendre. Cet article explique en détail les règles liées à la tutelle dans le mariage et les différentes situations qui peuvent se présenter.
Zawaj Sounnah : une plateforme pour faciliter le dialogue entre parents et enfants
Zawaj Sounnah : une plateforme pour faciliter le dialogue entre parents et enfants
Nombreux sont les célibataires musulmans qui souhaitent se marier, mais qui rencontrent des difficultés pour trouver un(e) prétendant(e) sérieux(se). Entre le manque de soutien des proches et la crainte de tomber dans l’isolement puis la fornication, les démarches peuvent parfois sembler compliquées. C’est pour répondre à cette réalité que Zawaj Sounnah a été créé. Notre plateforme poursuit un objectif clair : faciliter le mariage dans le respect du Coran et de la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs.
En rejoignant Zawaj Sounnah, vous accédez à un espace personnel dans lequel vous pouvez consulter de nombreux profils de célibataires musulmans. Plusieurs filtres de recherche y sont disponibles afin de vous aider à trouver une personne qui correspond vraiment à vos critères : origine, âge, localisation ou encore statut marital. Cette organisation permet de structurer les recherches et d’avancer de manière réfléchie, en prenant le temps de consulter ses parents et sa famille avant d’aller plus loin.
Zawaj Sounnah évite aux célibataires de s’attacher inutilement à un(e) prétendant(e), car une équipe de modérateurs se relaie jour et nuit pour encadrer les échanges et éviter toute forme de complaisance entre les adhérents… Vous cherchez l’amour, et nous faisons les causes pour préserver votre cœur et vos intentions bi idhniLlah. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Zawaj Sounnah ne remplace pas le rôle des parents. Bien au contraire, la plateforme est pensée pour faciliter le dialogue entre parents et enfants et permettre aux familles d’être pleinement impliquées dans la démarche de mariage.
Depuis son lancement en 2021, le projet Zawaj Sounnah a déjà été la cause, par la permission d’Allah سبحانه و تعالى, du mariage de plus de 2000 frères et sœurs. Peut-être serez-vous le ou la prochain(e) en cliquant sur le lien juste en bas…



