« J’aimerais tellement me marier, mais je dois d’abord terminer mes études… » Cette phrase résonne dans le cœur de nombreux frères et sœurs. Il s’agit parfois d’une jeune étudiante en médecine dont les parents refusent toute idée de mariage avant l’obtention de son diplôme, alors même que son cursus universitaire s’étendra sur plus de dix ans. Ou encore d’un étudiant en sciences religieuses parti seul à Médine pour apprendre la religion, mais qui se retrouve chaque soir hanté par le désir d’avoir (enfin) une épouse à ses côtés. Pour ces deux profils d’étudiants, le dilemme est toujours le même :
Faut-il poursuivre ses études coûte que coûte, ou assouvir un besoin de mariage qui se fait de plus en plus pressant ?
L’Islam n’a pas laissé cette question sans réponse. Dans les lignes de cet article, l’équipe Zawaj Sounnah vous propose donc de découvrir quelles sont les solutions légiférées pour apprendre une science utile tout en préservant sa chasteté. Toujours à la lumière du Coran et de la Sounnah selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Études ou mariage : un dilemme systématique ?
Études ou mariage : un dilemme systématique ?
Pour de nombreuses familles, le parcours idéal de vie consiste à terminer ses études, obtenir son diplôme, décrocher un emploi stable, puis seulement après envisager le mariage. Dans les faits, on constate pourtant qu’aucun texte authentique tiré du Coran ou de la Sounnah n’a jamais opposé mariage et apprentissage. Bien au contraire, le musulman est encouragé à rechercher la science utile tout au long de sa vie, qu’il soit enfant, étudiant, célibataire, marié ou parent.
Dans certains cas, le mariage peut même devenir un véritable soutien dans le parcours d’un étudiant. Combien de frères témoignent avoir trouvé davantage de stabilité après leur mariage ? Combien de sœurs expliquent que la présence d’un époux bienveillant les a aidées à poursuivre leurs études avec plus de sérénité ? Un couple qui partage les mêmes objectifs, s’encourage dans le bien et se rappelle mutuellement Allah سبحانه و تعالى devient souvent une force plutôt qu’un frein.
Mais cette réalité n’est pas universelle. Pour certains profils, notamment lorsqu’il existe des difficultés financières importantes, une forte charge de travail ou une incapacité à assumer les responsabilités du mariage, celui-ci peut temporairement ralentir le rythme des études ou de la recherche de science. La question n’est donc pas de savoir si les études doivent systématiquement passer avant le mariage, ou inversement. Elle consiste plutôt à déterminer si le mariage sera, dans votre situation particulière, un soutien ou une difficulté supplémentaire. C’est précisément pour répondre à cette question que les savants ont établi plusieurs critères permettant d’évaluer le degré d’urgence du mariage.
Comment savoir si se marier est vraiment urgent ?
Comment savoir si se marier est vraiment urgent ?
Les savants n’ont jamais donné une réponse unique valable pour tous les étudiant(e)s. La priorité dépend toujours de la situation réelle de chacun, de ses capacités et des épreuves auxquelles il ou elle est confronté(e).
Le premier élément à considérer est la patience. Lorsqu’une personne est capable de poursuivre ses études ou sa recherche de science sans difficulté particulière, notamment dans la préservation de sa chasteté, elle peut tout à fait retarder son mariage le temps de franchir une étape importante de son parcours.
En revanche, la situation change lorsque le célibat devient difficile à vivre. Quand les pensées liées au mariage prennent de plus en plus de place, que la concentration baisse, que les tentations se multiplient ou que la crainte de tomber dans le péché devient réelle, alors les savants ont clairement indiqué que la préservation de la religion doit passer en priorité. Cheikh Rabi‘ ibn Hadi Al-Madkhali رحمه الله résumait cet équilibre en disant que si une personne est capable de réunir les deux intérêts (les études et le mariage) alors cela est préférable. Mais si elle craint pour sa religion ou sa chasteté, alors le mariage devient prioritaire.
D’autres éléments doivent également être pris en compte : la capacité financière, le soutien de la famille, la possibilité d’organiser une vie conjugale compatible avec les études, ainsi que les qualités religieuses du ou de la prétendant(e).
Études et mariage : l’importance d’un(e) époux(se) pieux(se)
Études et mariage : l’importance d’un(e) époux(se) pieux(se)
D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Lorsque vous vient une personne dont vous êtes satisfaits de la religion et du comportement, alors mariez-la. Si vous ne le faites pas, il y aura une grande tentation et un grand désordre sur la terre. » (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sunan n°1084 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sunan Tirmidhi)
Ce hadith rappelle un principe essentiel : en Islam, le choix de l’époux(se) repose avant tout sur la religion et le bon comportement, et non sur les études, les diplômes ou la situation matérielle. Ainsi, lorsqu’une personne pieuse et convenable se présente, il ne convient pas de repousser le mariage sans raison valable. Le retarder de manière systématique uniquement à cause des études peut, dans certains cas, exposer la personne à des épreuves que la religion cherche justement à éviter.
Cela ne signifie pas abandonner ses projets d’études, mais simplement remettre chaque chose à sa juste place. Si le ou la prétendant(e) est correct(e) sur le plan religieux et comportemental, alors le projet de mariage mérite d’être envisagé, même si le parcours d’études n’est pas encore terminé.
Études, sciences ou mariage : les paroles des savants
Études, sciences ou mariage : les paroles des savants
Le rapport entre les études, la recherche de science et le mariage n’est pas une question nouvelle. Plusieurs savants ont été interrogés à ce sujet et ont apporté des réponses claires, fondées sur le Coran et la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs. Zawaj Sounnah vous présente quelques avis qui permettent de mieux comprendre la position de l’Islam sur cette question.
Cheikh AbdouLlah Al-Ghoudayan رحمه الله
Question :
Est-il permis à un père d’empêcher sa fille de se marier dans le but de terminer ses études ?
Réponse :
Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
إذا أتاكم من ترضون خلقه ودينه فزوجوه
إلا تفعلوا تكن فـتـنـة في الأرض وفساد عريض
« Si une personne vous vient qui est ferme dans sa religion et possède un bon caractère, alors mariez-le, si vous ne le faites pas, il y aura beaucoup de corruption et de mal sur la terre. »
Par conséquent, si un homme vous vient, et qu’il a une bonne religion et un bon caractère, qu’il est digne de confiance, etc, il n’est pas permis pour le père d’empêcher que le mariage ait lieu. Il est possible pour le père de passer un accord avec l’homme qui épouse sa fille, qu’elle termine ses études. Cela parce qu’il ne fait aucun doute que, dans l’achèvement de ses études, il y a un bénéfice pour le mari, les enfants, qu’ils soient garçons ou filles, pour l’avenir, ainsi que des bénéfices pour la femme et les musulmans dans leur ensemble.
Si cette femme termine ses études, elle peut enseigner et faire bénéficier les musulmans dans l’avenir. Je ne pense pas que si l’homme a un bon caractère et une bonne religion, qu’il voudrait empêcher sa femme de terminer ses études.
✅Publié par twitter.com/Minhajsunna
Cheikh Mohamed Ibn Hady Al Madkhaly حفظه الله
Question :
Celui-ci questionne : Quelle est votre parole concernant celui qui demande une fille en mariage puis émigre pour rechercher la science, que doit-il faire ?
Réponse :
(Concernant ce qu’) il doit faire, nous lui disons : Si tu es dans le besoin concernant le mariage, reviens et marie-toi. Mais si tu n’en as pas besoin, c’est-à-dire que tu n’as pas peur de tomber dans le péché, alors dans ce cas persévère dans la recherche de la science obligatoire. Lorsque tu auras fini avec cela, retourne dans ton pays, et ne prolonge pas ton séjour loin, pour ne pas porter préjudice à la personne demandée en mariage : Car tu ne seras pas revenu pour achever ta demande par un mariage, en la préservant, ainsi que toi-même, ni en la laissant (libre pour un autre mariage).
✅ Publié par Sounnah-Diffusion
Comité permanent [des savants] de l'Ifta
Question :
Une adolescente, qui mémorise le Livre d’Allâh, est aujourd’hui sur le point de se marier. Plusieurs prétendants sont venus demander sa main, mais elle refuse, prenant pour argument que le mariage l’empêcherait, en partie, de continuer cette activité vertueuse.
Veuillez nous délivrer une Fatwa, nous vous en serons reconnaissants. Doit-elle se marier , dans ce cas, qu’Allâh mette le bon prétendant sur son chemin ? Ou doit-elle refuser le mariage et patienter quelques années encore, jusqu’à ce que l’enseignement dispensé à ses élèves porte ses fruits et que par la suite, Allâh lui accorde une issue favorable ?
Réponse :
Si une personne ayant les capacités, préservant sa religion et de bonne moralité la demande en mariage, elle se doit de répondre favorablement à sa demande, afin de préserver sa pudeur. Aussi, elle fera des efforts dans l’apprentissage et l’enseignement du Coran ainsi que dans l’apprentissage de ce dont elle a besoin pour sa religion tout en demandant l’aide d’Allâh, pour cela, en l’implorant sincèrement afin qu’Il la soutienne dans le bien et qu’Il lui permette de réaliser ce à quoi elle prétend comme actes louables.
Il est authentifié que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Ô jeunes gens ! Quiconque parmi vous possède la capacité physique et les moyens financiers nécessaires au mariage, qu’il se marie. Certes, le mariage est plus enclin à protéger contre les regards lascifs et à préserver la chasteté. Quant à celui qui n’en possède pas les moyens, qu’il jeûne, car le jeûne le protégera contre la tentation. « (Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim)
Cela concerne tout le monde, les hommes et les femmes. Qu’Allah vous accorde la réussite et que les prières et le salut soient sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.
La question 3 de la Fatwa numéro (9693)
(Numéro de la partie: 18, Numéro de la page: 30)
✅ Publié par aliftaweb.org
Cheikh Mouhammad Ibn Salih Al-’Outheymine رحمه الله
Question :
Une habitude assez répandue consiste à ce que la fille ou son père refuse le mariage à celui qui se présente à elle, sous prétexte qu’elle n’a pas encore terminé ses études secondaires ou universitaires, ou qu’elle veut encore étudier pendant quelques années. Quel est l’avis juridique de l’islam sur une telle situation, et quel est votre conseil envers ceux qui le font, car certaines femmes atteignent l’âge de la trentaine ou la dépassent sans être mariées ?
Réponse :
Ceci est contraire à l’ordre du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, qui a dit : « Lorsque se présente à vous (pour marier votre fille) celui qui vous satisfait par sa religion et sa moralité, alors acceptez-le. » (Rapporté par At-Tirmidhî dans le chapitre du mariage (n°1084)
Et il, prière et salut d’Allah sur lui, a dit aussi : « Ô jeunes gens ! Celui parmi vous qui peut assumer les charges du mariage, qu’il se marie. Il pourra ainsi mieux baisser son regard et préserver sa chasteté. » (Rapporté par Al-Bukhari dans le chapitre du mariage (n° 5065 et 5066), et par Muslim également dans le chapitre du mariage (n°1400)
Et le refus du mariage prive les gens de tous ces bienfaits. Je conseille donc à mes frères musulmans parmi les tuteurs et à mes sœurs musulmanes de ne pas refuser le mariage pour terminer les études ou pour enseigner. D’ailleurs, la femme peut très bien donner comme condition au mari de poursuivre ses études jusqu’à la fin, ou de continuer à enseigner pendant une ou deux années, tant qu’elle n’est pas encore occupée par les enfants. Cependant, je crois qu’il faudrait revoir la question du fait qu’une femme pousse loin ses études universitaires dans des domaines qui ne sont pas utiles.
Je pense qu’une fois que la femme a achevé ses études primaires, et qu’elle est capable de lire et d’écrire de manière à pouvoir exploiter cette science dans la lecture et l’explication du Coran et des hadiths du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, alors ceci est suffisant. Par contre, elle peut éventuellement pousser les études indispensables aux gens comme la médecine et d’autres domaines semblables, s’il n’y a aucun interdit au cours de ces études comme la mixité ou autre.
Questions importantes pages 26 et 27.
Publié par fatawaislam.com
Zawaj Sounnah : faciliter le mariage durant les études
Zawaj Sounnah : faciliter le mariage durant les études
Entre les études, la recherche de science, les contraintes familiales ou tout simplement la difficulté à rencontrer une personne partageant les mêmes valeurs, nombreux sont les frères et les sœurs qui repoussent le mariage sans réellement l’avoir choisi. C’est précisément pour répondre à cette problématique qu’est né Zawaj Sounnah : la 1ère plateforme de rencontre sans mixité, conforme au Coran et à la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs.
Lancé en 2021, notre service d’intermédiaire aide des milliers de célibataires musulmans à trouver un(e) époux(se) sans tomber dans l’isolement et les tentations. Nos interfaces de discussions sont validées par les savants et utilisées par les étudiants en science islamiques eux-mêmes. Une dizaine de modérateurs se relaient jour et nuit pour encadrer les échanges entre les adhérents. Aucune forme de complaisance n’est laissée passée afin de préserver les cœurs et les intentions.
Déjà plus de 2000 frères et sœurs se sont mariés par notre cause. Soyez peut-être le ou la prochain(e) en cliquant sur le lien juste en bas…



