Zawaj Sounnah contrat de mariage

Contrat de mariage en Islam : conditions, droits et obligations

« On va se marier sans contrat de mariage… » À l’écoute de cette simple phrase, on vous conseille de rapidement plier bagage. Car oui, le contrat de mariage n’est pas seulement une option : c’est une véritable nécessité. Certains couples se contentent de faire leur halal, puis commencent leur vie à deux sans prendre le temps de mettre par écrit les conditions de leur mariage et les engagements pris de part et d’autre. Pourtant, le contrat de mariage est un engagement majeur, probablement l’un des plus importants d’une vie. Il mérite donc d’être réfléchi et clairement établi. En cas de conflit, pouvoir revenir à ce qui avait été convenu au moment du mariage peut faire toute la différence. Mais concrètement…

Que dit l’Islam au sujet du contrat de mariage ? Quelles sont ses conditions et quels engagements implique-t-il pour les époux ?

La réponse à ces questions se trouve dans les lignes de cet article. Car si le mariage civil est important pour protéger votre union devant la loi, le contrat de mariage islamique l’est tout autant pour clarifier vos engagements devant Allah سبحانه وتعالى.

Les conditions du contrat de mariage en Islam

Les conditions du contrat de mariage en Islam

En Islam, le mariage est encadré par des règles précises. Certaines conditions doivent être réunies pour que le contrat de mariage soit valide et que les droits de chacun soient respectés. Consentement, wali, témoins, dot… Faisons le point sur les éléments essentiels à connaître pour bien préparer son mariage en Islam.

Le consentement : l’accord des deux époux

Un mariage ne se fait pas simplement parce que les familles sont d’accord ou que le tuteur a accepté. Les deux futurs époux doivent librement consentir à cette union. Lors du contrat, le tuteur propose le mariage et le/la futur(e) époux(se) l’accepte clairement. Cette proposition et cette acceptation (ijab et qabul) permettent de conclure le contrat. Le consentement est donc essentiel : on ne se marie pas pour faire plaisir à sa famille, sous la pression ou parce que d’autres ont décidé à notre place. D’après Abou Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a d’ailleurs dit :

« On ne marie pas la femme qui a déjà connu le mariage sans lui demander son ordre et on ne marie pas la femme vierge sans lui avoir demandé la permission ».

Les compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, comment est sa permission ? » Il répondit : « Son silence. » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°5136 et Muslim dans son Sahih n°1419)

Le futur mari comme la future épouse doivent donc entrer dans le mariage avec une volonté réelle de s’engager. Car dire « oui », ce n’est pas simplement accepter une cérémonie : c’est accepter les droits, les devoirs et les responsabilités qui viennent avec le mariage.

Le tuteur : une protection pour la future épouse

Pour une femme, le mariage ne se conclut pas simplement entre elle et son futur époux. Selon la majorité des savants, la présence de son tuteur (wali) est une condition au contrat de mariage. D’après Aïcha رضي الله عنها, le Prophète صلى الله عليه وسلم a ainsi dit :

« Il n’y a pas de mariage sans tuteur. » (Rapporté par Ahmad et authentifié par Cheikh Al-Albani dans Sahih Al-Jami n°7556.)

Le wali est généralement le père de la femme. S’il est absent, décédé ou dans l’incapacité d’exercer cette fonction, la tutelle revient aux proches parents masculins comme : le grand-père paternel, les frères, les neveux, les oncles paternels. L’ordre précis peut toutefois varier selon les écoles de jurisprudence. Il est important de distinguer le wali du mahram. Le mahram est une personne avec laquelle une femme ne peut pas se marier en raison d’un lien de parenté, d’allaitement ou d’alliance. Le wali, lui, est son tuteur matrimonial. Certains mahram peuvent être wali, mais ce n’est pas systématique.

Le rôle du wali, les conditions qu’il doit remplir et sa différence avec le mahram sont donc importants à connaître. Pour aller plus loin, nous avons consacré un article à ce sujet : Tuteur et mahram : ce que chaque soeur doit comprendre 

Les témoins : une union connue de tous

Le mariage en Islam n’est pas destiné à rester secret. Deux témoins doivent être présents au moment de la conclusion du contrat afin de pouvoir attester de cette union. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a ainsi dit :

« Il n’y a pas de mariage sans tuteur et deux témoins équitables. » (Rapporté par Al Bayhaqi et authentifié par cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°7557)

Les témoins doivent notamment être musulmans, pubères, sains d’esprit et dignes de confiance. Ils assistent à la conclusion du contrat et peuvent témoigner de l’engagement pris par les deux époux. Concrètement, ils doivent être présents au moment où le tuteur formule la proposition de mariage (ijab) et où le futur époux l’accepte (qabul). Leur présence permet ainsi de donner au mariage un cadre clair et connu, loin de toute union secrète. Le nikah n’est donc pas une simple démarche entre deux personnes qui décident de se considérer comme mariées. C’est un engagement sérieux, conclu devant Allah سبحانه وتعالى et devant des témoins capables d’en attester.

La dot (mahr) : un droit accordé à l'épouse

La dot, ou mahr, est un droit que l’Islam accorde à l’épouse au moment du mariage. Allah سبحانه وتعالى nous l’ordonne dans la sourate An-Nisa, verset 4 :

« Et donnez aux femmes leur dot, de bonne grâce. »

La dot appartient donc exclusivement à l’épouse. Elle peut être une somme d’argent, un bien ou quelque chose d’autre convenu entre les futurs époux. Elle peut également être versée immédiatement ou être différée, selon ce qui a été convenu au moment du mariage. Il faut également savoir que le montant de la dot peut avoir des conséquences en cas de séparation. Allah سبحانه وتعالى précise notamment dans la sourate Al-Baqarah, verset 237 :

« Et si vous divorcez d’avec elles avant de les avoir touchées, mais après avoir fixé leur dot, versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé… »

Ainsi, lorsque le divorce intervient avant la consommation du mariage et après que le montant du mahr a été fixé, la moitié de la dot revient à l’épouse, sauf dans les situations mentionnées dans le verset. La dot n’est donc pas le « prix » de la femme. C’est un droit qui lui est propre, et dont elle peut disposer comme elle le souhaite. Avant le mariage, les futurs époux ont ainsi tout intérêt à définir clairement le montant du mahr et les modalités de son versement dans leur contrat de mariage. Cela permet d’éviter les malentendus et de commencer cette nouvelle étape avec des engagements clairs. 

Pour en savoir plus sur le statut de la dot en Islam, vous pouvez consulter nos articles : 

Dot en Islam : quand le trop devient un frein au mariage…
Dot du mariage : les 5 questions clés à se poser

Zawaj Sounnah mariage musulman

Logement, dépenses, polygamie : quelles conditions ajouter au contrat de mariage ?

Logement, dépenses, polygamie : quelles conditions ajouter au contrat de mariage ?

Le mariage est un engagement important, et chaque couple a sa propre situation, ses besoins et ses attentes. Les futurs époux peuvent donc convenir de certaines conditions complémentaires afin de clarifier leurs engagements et d’éviter les malentendus au cours de leur vie commune. Parmi les sujets qui peuvent être abordés :

  • Le logement : les époux peuvent convenir du lieu où ils vivront et notamment préciser s’ils souhaitent vivre dans un logement indépendant ou avec la belle-famille.

  • Les dépenses du foyer : ils peuvent également se mettre d’accord sur certaines modalités de prise en charge des dépenses, par exemple lorsqu’un des époux souhaite aider financièrement l’autre pendant une période déterminée.

  • La polygamie : une femme peut-elle poser comme condition que son mari ne prenne pas de seconde épouse ? Selon l’avis de certains savants, cette condition est permise. Si le mari l’accepte au moment du contrat, il doit alors la respecter. C’est notamment l’avis de l’imam Ahmad رحمه الله et de Cheikh Ibn Al-Outhaymin رحمه الله.

  • Le travail ou les études : les futurs époux peuvent convenir de certaines conditions concernant la poursuite d’une activité professionnelle ou d’études après le mariage.

Ces exemples ne constituent évidemment pas une liste exhaustive. Chaque couple peut avoir des préoccupations différentes, et le contrat peut permettre de les clarifier dès le départ. 

Zawaj Sounnah mariage musulman

L’importance de respecter ses engagements en Islam

L’importance de respecter ses engagements en Islam

En Islam, une parole donnée n’est pas à prendre à la légère. Et lorsqu’un engagement licite est accepté dans le cadre du mariage, chacun doit prendre au sérieux ce qu’il a promis à son époux(se). Allah سبحانه وتعالى nous dit ainsi dans la sourate Al Ma’idah, verset 1 :

« Ô vous qui croyez ! Remplissez fidèlement vos engagements. »

Dans la sourate An-Nissa, verset 21 le mariage lui-même est décrit par Allah سبحانه وتعالى comme un « pacte solennel » :

« Après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel ? »

D’après ‘Oqba Ibn ‘Amir رضي الله عنه, le Prophète  صلى الله عليه وسلم a également dit :

« Les conditions qui méritent le plus d’être respectées sont celles par lesquelles vous avez rendu licites les relations intimes. » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°2721 et Mouslim dans son Sahih n°1418)

Ainsi, une condition licite, clairement acceptée par les deux époux, ne peut pas être considérée comme une simple parole que l’on peut oublier une fois le mariage célébré. Et chacun doit se rappeler qu’Allah عز وجل connaît ce qui est apparent comme ce qui est caché. Le Jour de la Résurrection, l’homme ne pourra pas simplement nier ce qu’il a fait ou dire qu’il ne s’en souvient pas. Et pour cause, Allah سبحانه وتعالى dit dans la sourate An-Nur, verset 24 :

« Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu’ils faisaient. »

Voilà pourquoi les engagements pris au moment du mariage doivent être réfléchis avant d’être acceptés, puis respectés une fois le contrat conclu. C’est justement tout l’intérêt de discuter de ces sujets avant le mariage : chacun sait ce qu’il accepte, ce qu’il promet et ce qu’il pourra attendre de l’autre.

Zawaj Sounnah mariage islamique

Zawaj Sounnah : apprendre à se connaître dans un cadre légiféré

Zawaj Sounnah : apprendre à se connaître dans un cadre légiféré

Avant de penser au contrat de mariage, il faut déjà prendre le temps de bien choisir la personne avec qui l’on souhaite s’engager. Quels sont ses projets de vie ? Quelle est sa vision du mariage et des responsabilités de chacun ? Souhaite-t-il avoir des enfants ? Où souhaite-t-il vivre ? Et surtout, quelles sont ses conditions pour se marier ?

Ces discussions permettent d’éviter de découvrir, une fois mariés, des différences qui auraient pu être abordées bien plus tôt. C’est justement pour permettre aux célibataires musulmans d’avancer dans cette démarche qu’est née Zawaj Sounnah.

Lancée en 2021, notre plateforme permet aux frères et sœurs célibataires de faire connaissance avec des prétendant(e)s dans un cadre conforme au Coran et à la Sounnah, selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs. Les échanges sont encadrés par une équipe de modération, afin que chacun puisse avancer dans sa recherche tout en respectant les limites du cadre islamique. Le projet Zawaj Sounnah est validé par des savants et utilisé par des étudiants en sciences islamiques. Aujourd’hui, plus de 2 000 frères et sœurs se sont mariés par la cause de Zawaj Sounnah ! 

Peut-être serez-vous les prochains, bi idhnillah. Découvrez Zawaj Sounnah et commencez votre recherche dès maintenant :

Mockup 10 conseils pour réussir son mariage - Zawaj Sounnah

Ebook Offert :

10 conseils pour réussir son mariage

À la lumière du coran et de la sounnah

N'hésitez pas à partager cet article :

Facebook
X
Pinterest
LinkedIn
Tumblr
WhatsApp
Telegram