Zawaj Sounnah mariage musulman

Nuit de noces : les enseignements de l’Islam

« Ma nuit de noces approche… que dois-je savoir ? » On pense beaucoup à cette nuit lorsqu’on prépare son mariage. On l’attend avec joie, avec impatience, mais parfois aussi avec quelques appréhensions. Et c’est normal : pour beaucoup, c’est une nouvelle étape que l’on va découvrir à deux. Mais lorsqu’on a des questions, vers qui se tourner ? La pudeur et la peur peuvent nous empêcher d’en parler à nos proches et même à notre futur(e) époux(se). On se dit que tout cela devrait être naturel, qu’on devrait simplement savoir quoi faire… et qu’il n’est peut-être pas normal de se poser autant de questions. Résultat : beaucoup de jeunes mariés entament leur première nuit sans réellement savoir ce que l’Islam leur recommande de faire, ce qu’ils doivent éviter ou quelles pratiques relèvent uniquement des traditions.

Alors quels sont les enseignements du Coran et de la Sounnah sur la nuit de noces

C’est justement à cette question que nous allons tenter de répondre dans les lignes de cet article. Notre objectif ? Offrir aux frères et sœurs un guide pratique pour les aider à aborder leur nuit de noces avec sérénité, sans pression inutile, et surtout avec la volonté de rechercher l’agrément d’Allah سبحانه وتعالى. Un article à lire avant votre mariage, à conserver précieusement et à partager avec les futurs mariés autour de vous… 

Nuit de noces : les principales règles à connaître

Nuit de noces : les principales règles à connaître

Parmi les enseignements rapportés sur la nuit de noces figurent une invocation à réciter lorsque le mari entre auprès de son épouse, ainsi que deux unités de prière pratiquées par certains compagnons et salafs. Revenons sur chacune de ces pratiques afin d’en comprendre les sagesses.

L’invocation de la nuit de noces

Après toute l’attente, les préparatifs et les émotions du mariage, les époux se retrouvent enfin seuls. C’est le début d’une nouvelle vie à deux, et il est beau de commencer ce moment en se tournant vers Allah سبحانه وتعالى et en Lui demandant de mettre le bien dans cette union. Le mari peut ainsi  réciter une invocation lorsqu’il entre auprès de son épouse. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a enseigné :

« Mon Seigneur ! Je Te demande son bienfait et le bienfait dont Tu as fait une nature en elle, et je me place sous Ta protection contre son mal et le mal dont Tu as fait une nature en elle. » (Hadith considéré comme Bon et rapporté dans le Sahih d’Ibn Madja n°324)

اللهم إني أسألك من خيرها وخير ماجلبت عليه وأعوذ بك من شرها وشر ماجُلبت عليه

Allâhumma innî as’aluka min khayrihâ, wa khayri mâ jabal­tahâ ‘alayhi, wa a‘ûdhu bika min sharrihâ, wa sharri mâ jabal­tahâ ‘alayhi.

Le mari peut alors prendre la mèche de son épouse, c’est-à-dire l’avant de sa tête, et réciter cette invocation. À travers ces quelques mots, il demande à Allah سبحانه وتعالى de lui accorder le bien de son épouse, de bénir leur vie commune et de le préserver de ce qui pourrait lui nuire.

Cheikh Ibn Al Outheymin رحمه الله apporte toutefois une précision pleine de délicatesse. Si le mari pense que son épouse pourrait être gênée en l’entendant demander protection contre son mal, il peut réciter l’invocation discrètement, sans qu’elle ne l’entende. Elle pourrait en effet mal comprendre ces paroles et se demander : « Pense-t-il qu’il y a du mal en moi ? »

Prier deux unités de prière pendant la nuit de noces

Il est rapporté que certains compagnons رضي الله عنهم accomplissaient deux unités de prière lorsqu’ils entraient auprès de leur épouse. Cette pratique était donc connue. En revanche, aucune Sounnah authentique spécifiquement établie du Prophète صلى الله عليه وسلم ne nous demande d’accomplir ces deux rakʿat lors de la nuit de noces. C’est justement la précision apportée par Cheikh Ibn Al Outheymin رحمه الله dans la fatwa ICI. Alors, que doit faire le jeune marié ?

S’il souhaite prier ces deux unités de prière, il peut le faire et n’est pas blâmé. Mais il ne doit pas les considérer comme une obligation ou comme une Sounnah authentique spécifiquement prescrite pour cette nuit. Et s’il ne les prie pas, il n’a absolument rien à se reprocher.

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Rapports intimes : ce que l’Islam permet et interdit

Rapports intimes : ce que l’Islam permet et interdit

La nuit de noces est aussi le début de l’intimité entre les époux. Là encore, l’Islam ne laisse pas les nouveaux mariés sans repères : certaines choses sont permises, d’autres sont clairement interdites. Il est primordial de les connaître afin de respecter les limites fixées par Allah سبحانه وتعالى et ne pas débuter son mariage par un péché.

Les relations intimes pendant les menstruations

Nombreux sont les jeunes hommes à se marier sans vraiment savoir ce que sont les menstruations. Pourtant, ce cycle fait partie intégrante de la vie de leur épouse et il est important d’en comprendre les principales règles, notamment lorsqu’il s’agit de leur intimité. Allah سبحانه وتعالى nous dit dans la sourate Al Baqarah, verset 222 :

« Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. Dis: « C’est un mal. Éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient » » 

Ce verset établit clairement l’interdiction des rapports sexuels avec pénétration vaginale pendant les menstruations, jusqu’à ce que la femme soit purifiée. Pour autant, les menstruations ne signifient pas que les époux doivent cesser toute proximité. D’après Anas ibn Malik رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

« Faites toute chose avec votre femme indisposée, sauf le rapport sexuel. » (Rapporté par Muslim, hadith n°302)

Les époux peuvent donc continuer à partager des moments de tendresse, d’affection et d’intimité, à l’exception du rapport sexuel interdit pendant cette période. Aicha رضي الله عنها rapporte d’ailleurs que : 

« Le Prophète صلى الله عليه وسلم m’ordonnait de me draper la taille d’un Izâr (sorte de drap). Quand je le faisais, il entretenait avec moi des rapports charnels, pendant mes menstrues (sans pour autant qu’il n’y ait de pénétration). » (Rapporté par Al-Boukhari et Muslim)

L’interdiction des rapports par voie anale

Il existe certaines pratiques dont les futurs époux doivent connaître l’interdiction avant le mariage. C’est notamment le cas des rapports par voie anale, qui sont strictement interdits en Islam. Le Prophète صلى الله عليه وسلم nous dit à leur sujet :

« Maudit est celui qui a des rapports avec sa femme dans son anus. » (Rapporté par Ibn Majah et Ahmad).

Cette interdiction peut paraître évidente, mais elle mérite d’être rappelée, notamment à une époque où la pornographie se propage jusque dans certains foyers musulmans et qu’elle incite à des pratiques condamnables. Lorsque l’on revient aux paroles des pieux prédécesseurs, on constate une profonde répulsion envers cette pratique. Ayyoub As-Sikhtiyani رحمه الله disait ainsi :

« Je m’enfuis à la simple vue d’excréments lorsque je les vois de loin. Comment pourrais-je donc entrer dans son orifice (l’anus) ? »

Cette parole est particulièrement parlante. Elle montre à quel point les pieux prédécesseurs considéraient cette pratique comme répugnante et contraire à la nature saine, en plus de son interdiction religieuse. Pour aller plus loin sur cette question, nous vous invitons également à écouter l’avis de l’éminent Cheikh As Souheymi حفظه الله dans la vidéo ci-dessous :

Les rapports buccaux génitaux (fellation et cunnilingus)

Cette question fait l’objet d’une divergence entre les savants, car aucun texte authentique et explicite ne vient l’interdire. Cheikh ‘Abdallah ibn Muni‘ حفظه الله considère cette pratique comme détestable, estimant qu’elle est contraire à la pudeur et au bon comportement entre époux et peut provoquer du dégoût dans le couple. À l’inverse, Cheikh Ibn Al Outheymin رحمه الله explique qu’aucun hadith authentique ne l’interdit. Il rappelle que la règle de base est que les époux peuvent jouir l’un de l’autre comme ils le souhaitent, sauf lorsqu’un texte établit une interdiction. Il mentionne également que certains savants hanbalites et malikites ont considéré qu’embrasser le sexe de son époux(se) est permis.

Cheikh Salih Al-Luhaydan رحمه الله considère quant à lui cette pratique comme interdite, notamment en raison du contact possible avec le madhi (liquide spermatique ou vaginale) qui est impure et parce qu’il estime qu’elle ne faisait pas partie des pratiques connues des premières générations. Enfin, Cheikh ‘Ubayd Al-Jabiri رحمه الله a également répondu qu’elle était interdite. En résumé : les savants ne sont pas unanimes. Certains l’interdisent, d’autres la jugent détestable et d’autres la permettent en l’absence de texte authentique l’interdisant.

Raconter ce qui s’est passé pendant la nuit de noces

Après le mariage, il peut arriver que certains proches posent des questions déplacées aux mariés. Ces derniers n’ont pas à y répondre : l’intimité est un dépôt, et ce qui se passe entre les époux reste entre les époux. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a sévèrement mis en garde contre le fait de dévoiler les secrets de son époux(se). D’après Abou Sa’id Al Khoudri رضي الله عنه, le Prophète  صلى الله عليه وسلم a ainsi dit: 

« Certes parmi les gens qui seront dans les plus mauvais degrés auprès d’Allah le jour de la résurrection il y a l’homme qui a un rapport sexuel avec sa femme et elle a un rapport avec lui puis il dévoile son secret ». (Rapporté par Muslim dans son Sahih n°1437)

Il ne s’agit pas seulement de faire preuve de pudeur. C’est aussi une manière de respecter son époux(se), de protéger son honneur et de préserver la confiance qui doit exister au sein du couple. Alors, même si quelqu’un insiste ou pose des questions très personnelles, les nouveaux mariés n’ont pas à se justifier ni à raconter ce qui s’est passé. Un simple « Al hamdoulillah, tout s’est bien passé » suffit largement.

La tradition du mouchoir : que dit l’Islam ?

Après la nuit de noces, il arrive encore que certaines familles perpétuent la « tradition du mouchoir ». La nouvelle mariée est alors invitée à déposer sur un mouchoir le sang supposé provenir de la rupture de son hymen, afin de montrer à la famille qu’elle était bien vierge. Cette pratique n’a aucun fondement en Islam. Comme nous l’avons vu plus haut, l’intimité entre les époux est un dépôt qui leur appartient, et les proches n’ont pas à s’y immiscer.

D’un point de vue anatomique, l’absence de sang lors du premier rapport ne permet pas non plus de conclure qu’une femme n’était pas vierge. L’hymen est naturellement différent d’une femme à l’autre. Il peut être souple, fin ou même inexistant depuis la naissance. Faire du sang une prétendue « preuve » de virginité peut donc conduire à des soupçons, des accusations et parfois même à la répudiation injuste d’une épouse.

Interrogé sur une situation de ce type, Cheikh Ibn Baz رحمه الله explique que si cela est réellement nécessaire, notamment lorsque la coutume est si forte que la femme risque d’être accusée de fornication en l’absence de sang, il est alors permis de mettre sur le vêtement un autre sang que celui de l’hymen, afin de préserver la femme et de ne pas dévoiler ce qu’Allah سبحانه وتعالى a couvert. Il rappelle notamment la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم :

« Celui qui couvre un musulman, Allah le couvrira ici-bas et dans l’au-delà. » (Rapporté par Muslim dans son Sahih n°2699) 

Il est important de comprendre que cet avis ne fait évidemment pas de cette pratique une tradition islamique ni une preuve de virginité. Cheikh Ibn Baz رحمه الله parle ici d’une situation de nécessité, lorsque l’absence de sang pourrait entraîner une grave injustice envers la femme.

La nuit de noces : quelques récits de nos pieux prédécesseurs

La nuit de noces : quelques récits de nos pieux prédécesseurs

La nuit de noces est un moment particulier dans la vie des époux. Les récits rapportés des pieux prédécesseurs nous montrent d’ailleurs comment certains d’entre eux ont vécu ces premiers instants de leur vie conjugale.

L’amour du savoir d’Ibn Rajab رحمه الله

Cheikh Salih Al Ash-Sheikh حفظه الله rapporte, dans sa conférence La détermination des prédécesseurs dans l’étude du savoir, un récit concernant l’imam Ibn Rajab رحمه الله. La motivation d’Ibn Rajab رحمه الله pour l’acquisition du savoir était immense. Dans sa jeunesse, ses études auprès de ses professeurs étaient même telles que son mariage fut retardé.

Lorsqu’il se maria, son épouse entra auprès de lui, parfumée et parée pour cette première nuit. Mais Ibn Rajab رحمه الله était plongé dans ses feuilles et ses livres. Il leva la tête et la regarda, remarquant sa parure, son parfum et les efforts qu’elle avait faits pour lui. Puis il baissa à nouveau la tête afin de terminer ce qu’il était en train d’étudier. Son épouse, contrariée par le peu d’attention qu’il lui accordait, finit par repartir.

Cheikh Salih Al Ash-Sheikh حفظه الله explique alors que, même si l’amour du savoir peut être immense, chacun possède des droits qui doivent lui être accordés, et que l’épouse a notamment un droit sur son mari.

Le cartable d’Abd Al-Wahhab Ibn Fayruz رحمه الله

Mohammad ibn ‘Abd Allah ibn Hamid رحمه الله rapporte, dans son ouvrage As-Suhub Al-Wâbilah ‘alâ Darâ’ih Al-Hanâbilah, dans la biographie de ‘Abd Al-Wahhab ibn Mohammad Ibn Fayruz رحمه الله, un récit particulièrement étonnant.

‘Abd Al-Wahhab رحمه الله était profondément attaché à l’acquisition du savoir. Il consacrait ses journées et ses nuits à la lecture, à la révision et à la recherche, au point que rien d’autre ne semblait le préoccuper. Lorsqu’il se maria sur ordre de son père, il prit avec lui son cartable le soir de sa nuit de noces.

Après le départ des invités, il alluma une lampe et s’installa pour lire les cours qu’il devait étudier le lendemain. Il prévoyait de rejoindre son épouse une fois sa lecture terminée. Mais absorbé par son étude, il continua jusqu’à l’appel à la prière de l’aube. Il fit alors ses ablutions, partit prier et assista ensuite aux cours de son père.

La deuxième nuit, la même chose se reproduisit. Sans avoir l’intention de délaisser son épouse, il se disait : « Je lis le cours ensuite je vais voir ma femme » Mais la lecture l’occupa à nouveau jusqu’à l’aube. Son épouse finit alors par informer son tuteur, qui en parla à son père. Celui-ci l’appela, le réprimanda, lui prit son cartable et insista pour qu’il se rende auprès de son épouse.

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Zawaj Sounnah : apprendre la science du mariage

Zawaj Sounnah : apprendre la science du mariage

Un mariage ne se prépare pas seulement avec une salle, une tenue et une liste d’invités. Il se prépare aussi avec de la science, de la réflexion et une bonne compréhension de notre religion. Avant de se marier, il est important de : 

  • connaître les droits et devoirs des époux
  • distinguer la Sounnah des traditions
  • rechercher la satisfaction d’Allah سبحانه وتعالى.

C’est justement pour cela que Zawaj Sounnah a été créée : vous accompagner dans votre démarche de mariage, dans un cadre conforme au Coran et à la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs. Lancée en 2021, notre plateforme aide des milliers de célibataires musulmans à trouver un(e) époux(se) sans tomber dans la mixité. Une dizaine de modérateurs se relaient jour et nuit afin d’encadrer les échanges entre les adhérents. Aucune forme de complaisance (compliments, plaisanteries, etc.) n’est tolérée afin de préserver les cœurs et les intentions, bi idhniLah. Nos interfaces de discussion ont été validées par les savants et sont utilisées par de nombreux étudiants en sciences islamiques

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