« Je suis reconvertie et je n’ai personne pour m’aider à me marier… » Nous avons tous déjà entendu parler de ces sœurs qui, après avoir embrassé l’Islam, se retrouvent rejetées par leur famille, sans personne sur qui compter. Isolées, parfois confrontées à de grandes difficultés financières, elles aspirent à se marier, à fonder un foyer musulman et à vivre plus sereinement leur religion. Mais un obstacle vient souvent compliquer leur projet : trouver un tuteur pour leur mariage.
À qui demander de l’aide lorsqu’on ne connaît personne ? Certaines frappent à toutes les portes sans obtenir de réponse. D’autres finissent par trouver un tuteur, mais se heurtent à son manque de sérieux, voire à sa négligence. Et les conséquences peuvent être lourdes : des mariages retardés, mais aussi des sœurs laissées sans protection face à des prétendants malintentionnés. Mais alors, qui peut vraiment être le tuteur d’une sœur reconvertie ? Vers qui se tourner et que faire lorsqu’un tuteur ne remplit pas ses responsabilités ?
Que vous soyez reconvertie ou non, cet article vous concerne. Car ces femmes pourraient être nos filles, nos sœurs ou nos proches. Nous avons tous un rôle à jouer pour ne pas les laisser seules face à ces difficultés. Voyons donc ce qu’ont expliqué les savants à leur sujet et quelles démarches entreprendre pour les aider à se marier conformément au Coran et à la Sounnah.
Un non-musulman peut-il être le tuteur d'une femme reconvertie ?
Un non-musulman peut-il être le tuteur d'une femme reconvertie ?
Non, un père non musulman ne peut pas être le tuteur matrimonial de sa fille musulmane. Cette règle s’applique également aux autres hommes non musulmans de sa famille. Mais attention, cela ne signifie pas pour autant que leur avis doit être ignoré ! Allah سبحانه وتعالى dit dans la sourate Luqman, verset 15 :
« Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. »
Dans son explication intitulée Comment se comporter avec des parents non musulmans ?, Cheikh ‘Abderrazzaq Al-‘Abbad حفظه الله rappelle que la conversion à l’Islam ne dispense pas un enfant de faire preuve de bonté envers ses parents. Il insiste notamment sur le respect et la reconnaissance que nous leur devons pour tout ce qu’ils ont fait pour nous. Alors, pourquoi ne pas tenir compte de leurs attentes dans le choix d’un futur époux, lorsqu’elles sont compatibles avec l’Islam ?
Si un père souhaite que sa fille épouse un homme financièrement stable, elle peut tout à fait prendre ce critère en considération. De même, s’il a une préférence pour une certaine origine, elle peut en tenir compte, sans en faire une condition qui l’amènerait à écarter injustement un prétendant convenable. L’essentiel est de ne jamais faire passer les préférences familiales avant les prescriptions d’Allah سبحانه وتعالى. Le père non musulman ne peut donc pas assurer le tutorat du mariage, mais sa fille peut continuer à l’associer à son projet et à respecter ses souhaits autant que possible. Reste alors une question essentielle : qui peut devenir son tuteur lorsqu’aucun homme musulman de sa famille ne peut remplir ce rôle ?
Comment trouver un tuteur lorsqu'on est reconvertie ?
Comment trouver un tuteur lorsqu'on est reconvertie ?
C’est souvent là que les difficultés commencent. Une sœur souhaite se marier, mais ne connaît aucun homme musulman susceptible de devenir son tuteur. Elle demande autour d’elle, contacte des personnes de confiance, parfois sans obtenir de réponse. Pourtant, l’absence de tuteur musulman dans sa famille ne signifie pas qu’elle ne peut pas se marier. Cheikh Salih Al-Fawzan حفظه الله a justement été interrogé sur le cas d’une femme ayant embrassé l’Islam et ne sachant pas qui pouvait devenir son tuteur. Dans sa fatwa n° 548, il distingue deux situations :
- Si la femme vit dans un pays musulman, son tutorat revient à l’autorité musulmane compétente, à son représentant ou au juge religieux.
- Si elle vit dans un pays non musulman, le responsable du centre islamique auquel se réfèrent les musulmans peut assurer ce rôle.
Une sœur reconvertie vivant en France peut donc se rapprocher d’un centre islamique sérieux afin d’expliquer sa situation et de demander à être orientée vers une personne compétente. Le plus important est de ne pas se précipiter. Car lorsqu’on se sent seule et qu’on souhaite profondément se marier, on peut être tentée d’accepter l’aide du premier homme qui se présente. Or, le choix d’un tuteur ne doit pas se faire à la légère. Il faut s’assurer que la personne sollicitée connaît ses responsabilités et qu’elle est apte à accompagner la sœur dans les démarches du mariage. Si aucune structure islamique compétente n’est accessible, la situation doit être soumise à une personne de science fiable pour connaître les solutions applicables à son cas.
Pour compléter ces explications, Cheikh Abou Hazim حفظه الله a également répondu à la question du tutorat des femmes reconverties. Nous vous invitons à découvrir sa réponse dans la courte vidéo ci-dessous :
Tuteur négligent : quelles conséquences pour les sœurs reconverties ?
Tuteur négligent : quelles conséquences pour les sœurs reconverties ?
Trouver un tuteur est une première étape. Encore faut-il que celui-ci prenne son rôle au sérieux ! Certaines sœurs reconverties, après avoir longtemps cherché de l’aide, se retrouvent face à un tuteur qui ne répond pas, repousse les démarches ou ne prend pas le temps de se renseigner sur les prétendants. Les semaines passent, parfois les mois, et leur projet de mariage reste au point mort. Mais les conséquences peuvent être bien plus graves qu’un simple retard. Une sœur isolée, qui manque de soutien, peut devenir une proie facile pour les frères malintentionnés.
Cheikh Soulayman Ar-Rouhayli حفظه الله a d’ailleurs mis en garde contre les abus dont peuvent être victimes les nouvelles musulmanes. Le savant évoque notamment des hommes qui leur promettent le mariage, profitent de leur confiance, puis les abandonnent. Il rapporte même avoir eu connaissance de femmes qui ont quitté l’Islam après avoir subi de tels comportements. Cette mise en garde nous rappelle à quel point il est important de ne pas laisser ces sœurs livrées à elles-mêmes. Accepter d’être leur tuteur, c’est prendre une responsabilité qui ne doit jamais être négligée.
Bien sûr, tout retard n’est pas synonyme de négligence. Un tuteur sérieux peut avoir besoin de temps pour se renseigner sur un prétendant. Mais lorsqu’il délaisse réellement ses responsabilités, la sœur doit pouvoir demander conseil à une personne de science pour connaître les solutions adaptées à sa situation.
Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à découvrir la réponse complète de Cheikh Soulayman Ar-Rouhayli حفظه الله dans la vidéo ci-dessous :
Quelles sont les qualités d'un bon tuteur en Islam ?
Quelles sont les qualités d'un bon tuteur en Islam ?
Vous avez trouvé une personne prête à devenir votre tuteur de mariage ? C’est une bonne nouvelle ! Mais avant de lui confier cette responsabilité, prenez le temps de vous assurer qu’elle possède les qualités nécessaires pour vous accompagner. Voici quelques critères auxquels vous pouvez prêter attention :
- La fiabilité : choisissez un homme musulman digne de confiance, connu pour son sérieux et son bon comportement.
- La disponibilité : votre tuteur doit pouvoir vous consacrer du temps, répondre à vos sollicitations et suivre vos démarches sans vous laisser des semaines sans nouvelles.
- Le sens des responsabilités : il doit prendre le temps de se renseigner sur les prétendants, notamment sur leur religion, leur comportement et leur capacité à assumer les responsabilités du mariage.
- L’écoute : un bon tuteur tient compte de vos attentes, de vos inquiétudes et de votre avis. Il est là pour vous accompagner, pas pour décider de votre avenir à votre place.
- La bienveillance : il doit agir dans votre intérêt, avec respect et sans chercher à tirer un avantage personnel de votre situation.
N’hésitez pas à poser des questions avant d’accepter son accompagnement. Comment compte-t-il procéder ? Sera-t-il disponible pour échanger avec les prétendants ? A-t-il déjà accompagné d’autres sœurs dans leurs démarches ? L’objectif n’est pas de trouver un homme parfait, mais une personne sérieuse, sur laquelle vous pourrez réellement compter pour avancer dans votre projet de mariage.
Zawaj Sounnah : faciliter le mariage des sœurs reconverties
Zawaj Sounnah : faciliter le mariage des sœurs reconverties
Lorsqu’on est reconvertie, il n’est pas toujours facile de trouver un époux sérieux, surtout lorsqu’on connaît peu de musulmans et qu’on manque de personnes de confiance pour nous accompagner. C’est aussi pour répondre à ces difficultés qu’en 2021, nous avons lancé Zawaj Sounnah : la 1ère plateforme de rencontre sans mixité, conforme au Coran et à la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs.
Notre objectif ? Permettre aux frères et aux sœurs de rechercher un(e) époux(se) dans un cadre légiféré, loin de l’isolement et des chemins pouvant mener à la fornication. Pour cela, nous avons mis en place des espaces de discussion encadrés par un service de modération. Pas de flatteries, de compliments déplacés ni de discussions ambiguës : les échanges restent centrés sur le mariage afin de préserver les cœurs et les intentions de chacun, du premier contact jusqu’à la mouqabala.
Cette méthode a porté ses fruits, par la permission d’Allah سبحانه وتعالى ! Aujourd’hui, plus de 2 000 frères et sœurs se sont mariés via Zawaj Sounnah. Alors, pourquoi pas vous ? Rejoignez notre plateforme en cliquant sur le lien ci-dessous et avancez, vous aussi, vers le mariage dans le respect du Coran et de la Sounnah :



