« J’aimerais me marier avec lui… mais il ne prie pas. », « Je sais qu’elle ferait une excellente épouse… mais elle ne prie pas. » Il arrive que l’on rencontre une personne qui semble nous correspondre en tout point. Son physique nous séduit, son comportement nous rassure et on se projette facilement à ses côtés. Pourtant, un élément essentiel manque à l’appel : la prière. Alors, le doute s’installe. On se dit que le mariage la fera peut-être changer. Qu’avec le temps, elle se rapprochera d’Allah. Après tout, cette personne a « un bon cœur », n’est-ce pas ?
Mais peut-on réellement parler d’un bon cœur lorsque ce dernier refuse, jour après jour, les cinq rendez-vous que son Créateur سبحانه و تعالى lui a fixés ? En Islam, la prière n’est pas une simple pratique religieuse parmi d’autres. Elle est le lien qui unit le serviteur à son Seigneur, le pilier de sa religion et le reflet de ce qu’il porte dans son cœur. Lorsqu’elle est délaissée, ce n’est jamais un sujet anodin, surtout lorsqu’il est question de bâtir un foyer et d’élever de futurs enfants.
Alors, peut-on se marier avec une personne qui ne prie pas ?
Dans les lignes qui suivent, Zawaj Sounnah vous explique ce que disent le Coran, la Sounnah et les savants sur le mariage avec une personne qui délaisse la prière, afin de vous aider à faire un choix conforme à ce qu’Allah سبحانه و تعالى agrée.
Pourquoi la prière est-elle si importante en Islam ?
Pourquoi la prière est-elle si importante en Islam ?
Avant de parler du mariage avec une personne qui ne prie pas, il est essentiel de comprendre la place que la prière occupe dans la vie du musulman. La salât n’est pas une obligation parmi tant d’autres. Elle est le lien quotidien entre le serviteur et son Seigneur سبحانه و تعالى. Cinq fois par jour, le croyant se tourne vers Allah, se détache des préoccupations de ce monde et renouvelle son attachement à Celui qui l’a créé.
La prière ne se résume pas à des gestes accomplis mécaniquement. Elle nourrit le cœur du croyant, le protège du mal et l’aide à rester sur le chemin de l‘obéissance. Allah سبحانه و تعالى dit dans la sourate Al-‘Ankabut, verset 45 :
« Accomplis la prière, car la prière préserve de la turpitude et du blâmable. »
C’est justement en raison de cette place particulière que la prière constitue le deuxième pilier de l’Islam après les deux attestations de foi (ach-chahadatan). Elle fait partie des fondements mêmes de la religion. D’après ‘Abdallah Ibn ‘Omar رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« L’Islam est bâti sur cinq choses : l’attestation qu’il n’y a pas d’autre divinité qui mérite d’être adorée si ce n’est Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah, l’accomplissement de la prière, le fait de s’acquitter de la zakat, le fait de jeûner le Ramadan et le hajj » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°8 et Muslim dans son Sahih n°16)
La première chose jugée au Jour du Jugement
L’importance de la prière apparaît également dans le fait qu’elle sera la première œuvre sur laquelle le serviteur sera interrogé le Jour de la Résurrection. D’après ‘Abdallah Ibn Qourt رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« La première chose à propos de laquelle le serviteur sera jugé le jour de la résurrection est la prière. Si elle est bonne, les autres actes seront bons. Et si elle n’est pas bonne, les autres actes ne seront pas bons ». (Rapporté par Tabarani et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib Wa Tarhib n°376)
Ainsi, délaisser la prière n’est pas un simple manquement ou une faiblesse parmi d’autres. C’est un acte d’une immense gravité et de nombreux hadiths le confirment. D’après Bourayda رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a ainsi dit :
« Le pacte qu’il y a entre nous et eux est la prière, celui qui la délaisse aura certes mécru » (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°2621 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi)
D’après Jabir رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلم a également dit : « Certes entre un homme et l’association et la mécréance il y a l’abandon de la prière » (Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°82)
C’est pourquoi la question de la prière occupe une place centrale lorsqu’il s’agit de choisir son futur époux ou sa future épouse. Le mariage est un engagement qui aura un impact sur votre foi, votre foyer et l’éducation de vos futurs enfants.
Peut-on se marier avec une personne qui ne prie pas ?
Peut-on se marier avec une personne qui ne prie pas ?
Après avoir rappelé la place centrale de la prière en Islam, une question se pose naturellement : est-il permis de s’engager dans le mariage avec une personne qui la délaisse ? Deux éléments sont à distinguer : l’avis largement majoritaire sur l’abandon total de la prière, et une divergence plus fine sur le statut de la personne concernée.
L'avis de la majorité des savants : ce mariage est interdit
La majorité des savants contemporains, dont Cheikh Ibn Baz et Cheikh Al-‘Outheymine رحمهما الله, s’accordent à dire qu’il n’est pas permis de contracter un mariage avec une personne qui délaisse totalement la prière, avant ou après le mariage. Leur raisonnement s’appuie sur le fait que l’abandon complet de la salat constitue, selon l’avis le plus solide, une mécréance majeure qui fait sortir de l’Islam. Or, un musulman ne peut épouser un mécréant. Allah سبحانه و تعالى nous dit dans la sourate Al-Mumtahana, verset 10 :
« Ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les; Allah connaît mieux leur foi; si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu’épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu’époux] pour elles. »
Ce verset nous enseigne une règle essentielle : la foi est une condition de licéité du mariage, et non un simple détail que l’on pourrait négliger au nom de l’amour ou de la compatibilité de caractère. Il en découle une règle de prudence que beaucoup de savants recommandent : avant de s’engager, il faut s’assurer que le ou la futur(e) époux(se) accomplit réellement ses prières, plutôt que de se contenter d’une identité musulmane de façade.
Mécréance majeure ou mineure : un avis qui divise les savants
Même si de nombreux savants considèrent qu’il n’est pas permis d’épouser une personne qui ne prie pas, il est important de préciser qu’une divergence (khilaf) existe concernant le statut de celui qui délaisse la prière.
- Pour la majorité des savants, parmi lesquels Cheikh Ibn Baz et Cheikh Al-‘Outheymine رحمهما الله, une personne qui abandonne totalement la prière sort de l’Islam, même si elle reconnaît que la prière est une obligation. Pour défendre cet avis, ils s’appuient sur les hadiths que nous avons cités précédemment, ainsi que sur la parole de ‘Abdullah ibn Shaqiq Al-‘Uqayli رحمه الله :
« Les Compagnons de Mohammed (صلى الله عليه وسلم ) ne considéraient pas L’abandon d’un acte (obligatoire) comme une mécréance, sauf pour le Salat (la prière). » (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°2622 et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Tirmidhi, Hadith Sahih)
C’est sur la base de ces preuves qu’ils considèrent que celui qui délaisse volontairement la prière n’est plus musulman.
- D’autres savants ont toutefois un avis différent. Ils distinguent deux situations : si une personne renie le caractère obligatoire de la prière, il existe un consensus sur le fait qu’elle sort de l’Islam. En revanche, si elle reconnaît que la prière est une obligation mais la délaisse par paresse ou par négligence, ils estiment qu’elle commet un péché d’une extrême gravité, sans pour autant sortir de l’Islam.
Cette divergence ne doit cependant pas faire oublier l’essentiel. Tous les savants s’accordent sur un point : abandonner la prière est l’un des péchés les plus graves en Islam. Même ceux qui considèrent que celui qui la délaisse demeure musulman déconseillent fortement de le choisir comme époux(se), tant les conséquences peuvent être lourdes pour la foi, la stabilité du foyer et l’éducation des futurs enfants.
Pour aller plus loin, nous vous invitons à écouter les explications de Cheikh Ibn Baz رحمه الله dans la vidéo ci-dessous. Il y présente les différents avis des savants et les preuves qui les soutiennent :
Les questions fréquentes sur le mariage et la prière
Les questions fréquentes sur le mariage et la prière
Dans cette partie, nous répondons aux questions les plus courantes sur le mariage et la prière, à la lumière des fatwas des savants reconnus. L’objectif ? Vous apporter des réponses claires face aux différentes situations qui peuvent se présenter avant ou après le mariage.
Est-il permis d'épouser quelqu'un en espérant qu'il changera après le mariage ?
« Le mariage le/la fera changer » est une pensée répandue, mais elle repose sur une hypothèse et non sur une réalité. Les savants déconseillent de bâtir un mariage sur une promesse de changement futur : on épouse une personne telle qu’elle est aujourd’hui, avec sa pratique réelle, et non celle qu’on espère qu’elle deviendra.
Mes parents veulent que j'accepte un prétendant qui ne prie pas : dois-je leur obéir ?
L’obéissance aux parents est immense en Islam, mais elle connaît une limite claire : elle ne s’applique pas lorsqu’elle mène à désobéir à Allah سبحانه و تعالى. Interrogé sur ce cas précis, Cheikh Ibn Baz رحمه الله a répondu que refuser une prétendante qui ne prie pas n’est pas une désobéissance envers les parents, car un tel mariage n’est pas permis
👉🏻 Lire la fatwa de Cheikh Ibn Baz رحمه الله
Que faire si mon époux(se) abandonne la prière après le mariage ?
Cheikh Al-‘Outheymine رحمه الله a été interrogé sur le cas d’un mari ayant totalement délaissé la prière : selon lui, le mariage se trouve alors rompu, et l’épouse doit s’en séparer, sauf s’il revient à la prière durant son délai de viduité (‘idda). Cette décision reste toutefois délicate et gagne à être confirmée auprès d’un savant ou d’une instance religieuse compétente, la question faisant l’objet d’un khilaf entre savants.
Que faire si mon fiancé ou ma fiancée prie seulement de temps en temps ?
Une pratique irrégulière de la prière n’est pas un détail à prendre à la légère. Interrogé sur le cas d’un homme ne priant pas en groupe, Cheikh Ibn Baz رحمه الله a répondu qu’il ne convenait pas de le marier : délaisser la prière en commun est un signe distinctif des hypocrites et un chemin menant au délaissement total de la prière, c’est-à-dire à la mécréance.
👉🏻 Lire la fatwa de Cheikh Ibn Baz رحمه الله
Cheikh Salih Al-Fawzan حفظه الله a également rappelé l’importance de la prière en groupe et la gravité de la négliger dans la vidéo ci-dessous :
Comment reconnaître un(e) prétendant(e) attaché(e) à la prière ?
Comment reconnaître un(e) prétendant(e) attaché(e) à la prière ?
On peut dire « je prie » sans que cela reflète réellement ce qu’il y a dans le cœur. Alors, comment aller au-delà des mots sans donner l’impression d’un interrogatoire ni brusquer la personne en face de vous ? Zawaj Sounnah vous livre quelques conseils pour aborder le sujet de la prière avec votre prétendant(e) avec douceur et discernement.
S’intéresser à son quotidien : la prière rythme la journée du musulman. Il est donc possible d’aborder naturellement son organisation : comment la personne s’organise-t-elle lorsqu’elle travaille ? Lorsqu’elle voyage ? Quelle place donne-t-elle aux cinq prières dans son quotidien ? Ces échanges permettent souvent de comprendre si la prière est une véritable priorité ou simplement une pratique occasionnelle.
Évoquer la prière du Fajr : la prière du Fajr est un moment particulier, car elle demande un effort supplémentaire pour se lever et préserver son adoration malgré le sommeil. Sans chercher à juger, discuter de cette prière peut être révélateur : est-ce que la personne cherche à la préserver ? Est-ce qu’elle met en place des moyens pour y parvenir ?
Observer son rapport au vendredi : pour l’homme musulman, la prière du vendredi occupe une place importante. Son rapport à cette obligation peut également donner une indication sur son attachement à la prière en général.
Se renseigner auprès de personnes de confiance : dans le cadre du mariage, il est important de ne pas se contenter des paroles. Lorsque cela est possible, il peut être utile de demander l’avis de personnes qui connaissent réellement le prétendant ou la prétendante et qui peuvent témoigner de son comportement et de sa pratique.
Zawaj Sounnah : une plateforme réservée aux personnes qui prient
Zawaj Sounnah : une plateforme réservée aux personnes qui prient
Se marier avec une personne attachée à la prière est une priorité pour tout musulman. Mais comment la trouver lorsque la famille, les proches ou les amis ne sont pas toujours en mesure de nous accompagner dans cette démarche ?
C’est justement pour répondre à cette problématique qu’est née Zawaj Sounnah : la 1ère plateforme de rencontre sans mixité, conforme au Coran et à la Sounnah selon la compréhension des pieux prédécesseurs.
Lancée en 2021, notre plateforme accompagne des milliers de célibataires musulmans dans leur recherche d’un(e) époux(se). Avant leur inscription, tous nos adhérents s’engagent, par le biais d’un formulaire, à accomplir la prière. Cet engagement est une condition sine qua non pour rejoindre Zawaj Sounnah : nous ne souhaitons pas contribuer à l’union de personnes qui ne préservent pas ce pilier fondamental de l’Islam.
Afin de préserver nos adhérents de l’isolement, une dizaine de modérateurs se relaient jour et nuit pour encadrer les échanges. Aucune forme de complaisance (compliments, plaisanteries ou discussions qui dépasseraient le cadre du mariage) n’est tolérée. Nos interfaces de discussion ont été validées par les savants et sont également utilisées par de nombreux étudiants en sciences islamiques.
Aujourd’hui, plus de 2000 frères et sœurs se sont mariés par notre cause. Peut-être serez-vous le prochain ou la prochaine, bi idhnillah. Rejoignez-nous en cliquant sur le lien ci-dessous :



